Paranoïaque
6.6
Paranoïaque

Film de Freddie Francis (1963)

Dans les années 1960, la Hammer, qui avait alors le vent en poupe, s’est essayé à tous les genres. Au-delà de ses fameux films d’épouvante, la firme anglaise s’est distingué aussi bien dans le film d’aventures, le film de guerre, la science-fiction ou le thriller. Dans le sillage du maître Alfred Hitchcock, elle a ainsi proposé de nombreux titres, la plupart en noir et blanc, traitant de machination diabolique, la plupart du temps, dans un cadre familial. Au script de ces différents thrillers, on retrouvait le plus souvent Jimmy Sangster qui était aussi à l’œuvre des plus grands classiques de la Hammer (les principaux Dracula, les premiers Frankenstein ou les récits autour de la momie). C’est lui qui est ici à l’écriture et Freddie Francis derrière la caméra, lui qui réalisera plusieurs pour la firme et sa concurrente, la Amicus. Le résultat confirme que l’œuvre est menée par une équipe d’artisans très solide qui connaît ses classiques et les mécanismes propres au genre.


Avec Oliver Reed, qui commence alors à collectionner les premiers rôles, l’affiche se révèle prometteuse, même si l’acteur anglais en fait des caisses et semble même singer l’acteur et l’homme qu’il deviendra quelques années plus tard. Sa présence charismatique donne toutefois une dimension supplémentaire à un récit qui décrit les affres de la folie sans qu’on sache réellement qui elle affecte réellement sous le toit qui abrite cette famille. C’est, en quelque sorte, tout l’enjeu de cette histoire où on ne sait jamais tout à fait qui joue la comédie ou qui est vraiment ravagé, et qui tend des pièges ou trompe son entourage. Avec l’apparition soudaine d’une personne masquée qui use d’un crochet pour détourner les curieux, l’ensemble prend un tournant encore plus mystérieux. Bien entendu, le récit n’est pas aussi fin que ceux qu’on peut trouver chez le maître Hitchcock, mais la qualité de l’ambiance, les étranges enjeux qui se font jour et le joli final donnent un ton flirtant avec l’épouvante qui fonctionnent parfaitement.


Avec ce thriller pertinent, la Hammer confirme qu’elle est capable de fournir des films de qualité, au-delà des films qui ont fait sa réputation. Tout cela est conçu avec peu de moyens (cela se remarque, notamment, dans les transparences peu abouties et par un certain manque de rythme) mais le résultat est une série B qui n’a pas à rougir de la concurrence.


6,5

Play-It-Again-Seb
6

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le 29 janv. 2025

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3

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