Je n'aime pas les comédies musicales, ni les choses mièvres, ni les films qui font l’effet d’un bonbon sucré. Mais je suis aussi un homme un peu sentimental, et je dois avouer que parfois, je me laisse toucher par certaines comédies romantiques.
J'ai donc lancé "Partir un jour" sans grande prétention, peut-être aussi parce que j’ai une petite sympathie pour le côté romantico-dépressif post-Véronique Sanson de Juliette Armanet. J'ai pris sur moi pour les moments chantés, même si c’est amené de manière assez maligne et sur un laps de temps suffisamment court pour ne pas tomber dans la pure comédie musicale.
Ce film marque surtout par sa capacité à être pertinent sur les relations de couple et familiales à notre époque.
Une époque où notre génération, qui a vu ses parents plus proches de leurs enfants, a finalement bien du mal à couper le cordon ombilical, et préfère parfois fuir loin, chercher une autre vie, tout en gardant une certaine nostalgie de la vie familiale. Cela vaut aussi pour les relations de couple, ces relations d’ados délaissés par notre envie d’ailleurs, notre envie de réaliser nos rêves. Le film est aussi pertinent sur la parentalité, et sur toutes les questions qu’on se pose concernant la volonté d’avoir un enfant ou non, et sur la responsabilité du couple face au choix à faire à l’arrivée d’un nouveau-né.
"Partir un jour" le fait de manière très poétique, à travers des chansons marquées par chaque époque de la vie des personnages, une mise en scène pleine de poésie et de couleurs, où les époques se mélangent pour créer des événements et des rencontres entre les différents personnages. Petit coup de cœur pour la scène de patinage artistique, empreinte de romantisme et de nostalgie.
"Partir un jour" est un bel adieu à une époque, pour en embrasser une autre. Peut-être la fin du règne de la génération de nos parents, pour enfin embrasser la nôtre, avec le sentiment que nous avons enfin notre destin en main. Comme je le disais à des amis, la chanson qui résonnait le plus aux oreilles de nos parents était ce morceau de Pink Floyd dont le refrain disait "Leave the kids alone".
Je crois qu’il est venu le temps de laisser ces enfants seuls, aller vers leur destin !