Adaptation d’un court-métrage au format long par Amélie Bonin, Partir un jour à tout du petit film aussi plaisant à regarder qu’il s’effacera de la mémoire du spectateur.
Une romance digne d’un film de noël américain auquel on aurait appliqué un filtre français, jusque dans la banalisation de l’IVG qui n’aurait pas sa place dans la morale puritaine d’Outre-Atlantique. Une romance classique donc, sans aucune touche d’originalité que l’on pourrait trouver dans la trame d’un récit déjà exploré par des décennies d’oeuvres traitant du doute, de l’infidélité, du retour au bercail, de l’acceptation de la fin, de la difficulté de communiquer avec sa famille, son conjoint… Rien de nouveau sous le soleil, mais rien de désagréable non plus, Armanet, Bouillon et compagnie étant justes dans une écriture qui l’est tout autant.
On espère alors trouver l’audace dans la forme, celle d’une comédie musicale qui voudrait reprendre des tubes générationnels pour donner vie aux émotions que les simples mots ne sauraient exprimer, en les faisant chanter de façon amateur (même par l’interprète principale dont c’est le métier à la ville) pour coller à la fois à une forme de spontanéité plus prompte à une projection d’un spectateur lambda, et au côté festif du karaoké (qui s’imprègne jusque dans la titraille et les génériques) comme célébration d’une vie imparfaite, faite des couacs et de fausses notes nécessaires aux sens des choses. Chanter comme des casseroles pour des cuistots, ça a quelque chose de savoureux.
L’idée est louable, bonne même. Mais l’exécution laisse parfois à désirer, occultant la symbolique par une démonstration trop appuyée pas forcément agréable. Toujours est-il que Partir un jour vaut le coup d'œil tout de même, pour son dispositif et ses imperfections.
Un feel-good parfait pour conclure une année 2025 bien sombre.