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Chez la plupart des gens (ou la totalité comme j’aime le croire, qui sait ?), lorsque nous faisons quelconque activité, lors du processus général inhérent de l’action, qu’il s’agit de création ou non, il y a quelque chose de commun. J’inclus par là l’écriture, la création musicale, la photographie, la cuisine ou même la réalisation d’une tâche au travail, mais j’inclus aussi la manière de s’exprimer en public ou non, de se comporter, de formuler ses phrases voir même la façon dont nous songeons. Cette chose commune que j’ose espérer consensuelle et que je considère névrotique, c’est un besoin, je l’imagine dérivée du désir d’accomplissement, de la sublimation diraient les freudiens. L’envie de beauté, de justesse dans la réalisation de l’action simplement par plaisir d’accomplir quelque chose qui « sonne doux à nos oreilles ». Quelque chose qui nous plait, sans trop savoir pourquoi. « Si je choississais plutôt d’utiliser ce mot, c’est plus plaisant, c’est plus beau ». Après tout, même chaque action du quotidien rentre dans la définition d’art, ce n’est que la traduction de ce besoin. Besoin narcissique, un peu sans doute. Besoin social de partage et de reconnaissance, probablement. Mais en définir la source n’est pas vraiment important.
C’est de ça dont parle Paterson.
Chaque personnage caractérise ce petit besoin à sa manière et le définit complètement, il est artiste car il agit, simplement. Je regrette que la vénération des grands esprits (du moins ceux considérés comme tels), et donc le jugement de valeur, demeure présent, même si sans doute, c’est là le moyen de signifier l’importance de leurs rôles dans notre propre processus identitaire (sans eux, il n’y aurait pas d’inspiration ?).
C’est un peu aussi ce que nous faisons ici, tentant d’écrire quelque chose de beau, de vrai, sans grande prétention parfois et de partager cela avec d’autres.
Jim Jarmusch nous rappelle ce petit besoin de beauté, de poésie constant qui donne le sentiment de fait accompli. Et cette contemplation, c’est infiniment apaisant.
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Créée
le 7 janv. 2017
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