Un film qui semble honnête, plus ou moins autobiographique de la vie de Grand Corps Malade, en présentant tout le processus de reconstruction qu'il a suivi à partir du moment où il s'est réveillé tétraplégique.
Le film ne cherche pas à tirer les larmes, il y a quand même pas mal d'humour, mais il fait forcément plaindre les personnages. On est pas dans l'émotion crue mais plutôt "oh c'est pas facile, hein".
On y voit différentes facettes et profils des handicapés, les hauts et les bas pendant qu'ils subissent l'isolement, la dépendance, et le rapport compliqué à l'extérieur.
Tout cela est plutôt positif et j'aurais pu mettre un point de plus si le film n'était pas autant contemplatif. À part suivre Ben, et montrer ses galères, il n'y a pas vraiment de message autre que "c'est dur mais tiens bon" dans ce film.
On aurait pu y creuser l'état des services de santé, le taf abattu par les équipes malgré des manques moyens. On aurait pu parler des banlieues autrement qu'un mec qui s'est pris une balle dans une guerre de gang. On aurait pu approfondir les persos et leurs histoires, pour raconter des choses et créer de l'attachement (l'histoire avec Samia me paraît même incomplète). On aurait pu suivre Ben un peu plus loin quand il sort du centre pour voir la complexité d'être handicapé dans ce monde validiste.