Évoquant forcément Échec à l’organisation et Le Point de non-retour mettant aussi en scène Parker (devenu ici Porter), Payback se veut un film noir moderne. Photographie froide (voire glaciale tant c’est gris et bleu), musique doucement rétro, voix off, chansons des années 1960 habillent ainsi un ensemble qui manque cependant de cohérence. Si un ton plutôt second degré s’installe peu à peu, la violence de certaines scènes et la cohabitation entre bons sentiments et crasse ambiante (les décors tout comme les personnages) peinent à convaincre.
Entre le pur film de vengeance mené par un personnage impitoyable fait pour évoluer dans un cadre westernien, le film noir avec ses traîtres, ses femmes vénales et ses « Organisations », le thriller et ses personnages sadiques, et le film de distraction avec son humour noir et ses cascades, l’ensemble manque d’homogénéité. Et plus le film progresse et devient tout public et distrayant, plus il manque d’identité et ressemble à L’Arme fatale (l’ultime partie du film est éloquente à cet égard).
Entre ces deux pas de danse, le film se regarde sans ennui (même s’il met un peu de temps à décoller) mais paraît un divertissement un peu trop maniéré alors qu’on imagine bien que le réalisateur avait prévu un film plus ambitieux et moins distrayant (il s’agit pour cela de voir son director’s cut au ton beaucoup plus juste qu’ici).