Difficile d'adapter Charles Perrault sans passer pour un cave. Parce que Perrault, on a beau dire, c'est vraiment d'la merde. Son refus catégorique de confronter son récit à quelque niveau de réalité, sous couvert de moraliser via le merveilleux, rend stupide chaque décision prise au cours du récit...
Dans Peau d'Ane, le prince Jacques Perrin ordonne à Catherine Deneuve en personne de lui faire un gâteau. Elle y glisse une bague. C'est son gâteau, aucun doute là dessus, c'est lui qui l'a commandé, ça fait pas un pli... Eh bah on va quand même demander à toutes les femmes du Royaume d'essayer la bague, histoire d'avoir une belle fin à la Cendrillon, où une seule femme au monde pouvait glisser l'anneau.
C'est débile.
Alors Jacques Demy essaye vaille que vaille de tirer le projet vers le haut. Mais il le fait à sa façon : avec des hélicoptères, des gens peinturlurés, des galipettes-arrière... Se souciant peu de faire honneur à Perrault, il lui rend le plus grand des services : il le ringardise !
Alors évidemment le résultat est plutôt pénible quand comme moi on est ni client du récit, ni des délires de Demy, mais je dois reconnaitre qu'il y a de bons moments. Delphine Seyrig, notamment, est parfaite en pétillante Fée protectrice.