En ces longues soirées d'hiver, pourquoi ne pas voir ou revoir ce conte merveilleux qu'est "Peau d'âne", classique des classiques réalisé par Jacques Demy. Un film absolument enchanteur, délicieusement kitsch (ah ce trône en forme de chat). "Peau d'âne", c'est retrouvé son âme d'enfant pendant 1h30, c'est rêver, éveiller sa créativité.
Adaptation d'un conte de Perrault, Jacques Demy livre avec "Peau d'âne" un conte visuellement délirant : château tout de bleu et tout de rouge, robe couleur du temps, fleurs qui parlent, ... Tant de trouvailles visuelles qui confèrent au film une poésie rare, brute, une esthétique visuelle, d'ailleurs, inspirée de Disney (Blanche-Neige en tête).
Du conte de Perrault, Demy choisit (au contraire de nombreuses adaptations) de ne pas l'édulcorer, en gardant toute sa cruauté : il s'agit, tout de même, d'une histoire d'inceste qui passe par le meurtre d'un animal sans défense.
De ce geste radical (autant dans le fond que dans la forme), Demy propose, peut-être, la meilleure adaptation de Perrault, celle qui, dans ses aspects délirants, retrouvent l'essence même de l'écrivain.
Et bien entendu, comment ne pas parler de "Peau d'âne" sans évoquer sa musique enchanteresse, composée par un Michel Legrand au sommet de son art. Des musiques entêtantes, naïves, absolument délicieuses (la recette du cake d'amour où comment cuisiner en chantant).
Le tout est bien aidé par un humour savoureux fait de jeux de mots et d'un mélange de premier degré et de second degré (bien aidé par la fée Delphine Seyrig). Ajouté à cela un perroquet aux interventions hilarantes.
Au final, un film au charme fou servi par un casting de légende, à découvrir pour s'émerveiller encore et encore.