De Jacques Demy, je n'avais vu que "Les Parapluies de Cherbourg" mais il a suffi d'une expérience que je qualifierai de déplaisante pour le ranger dans la case des réalisateurs que je n'apprécie pas trop. Enfin, techniquement parlant, c'est toujours très juste, très beau et très haut en couleurs mais je n'avais vraiment pas accroché à ce film que je trouvais très long. C'est ainsi la raison pour laquelle je découvre ce film si tardivement. Une espèce de version de "Cendrillon" version camp avec ses excentricités et ses couleurs dans tous les sens.
Eh oui puisque si les deux comtes ont des origines très lointaines, les deux ont été écrits par Charles Perrault, "Peau d'âne" étant le plus ancien que de quelques années. Et il est ainsi amusant d'y relever les similitudes, comme cette héroïne qui passe de la richesse à la pauvreté extrême, qui est malheureuse, maltraitée mais qui bénéficie de l'aide d'une marraine fée et surtout d'un objet qui changera son destin. Ici, il ne s'agit pas d'une pantoufle de verre mais d'une bague ; le procédé restant toutefois le même : le Roi épousera celle à qui la bague ira.
Bref, ce n'est donc pas une nouvelle fois dans le scénario que le film m'a passionné, même si son côté sombre beaucoup plus appuyé en reste l'élément le plus intéressant. Eh oui puisque si l'héroïne fuit, c'est car son père veut l'épouser. C'est donc dans sa forme que le film se démarque ; déjà c'est une comédie musicale mais le film n'est pas rempli de chansons non plus (et puis les partitions de Michel Legrand sont toujours de très bon goût).
Mais parlons de l'éléphant au milieu de la pièce : c'est un film terriblement camp car terriblement kitsch. Mais un kitsch volontaire. C'est-à-dire que le film assume une esthétique chatoyante et baroque tout en étant particulièrement riche en couleurs vives, que ce soit dans les costumes ou les décors. Ou même les animaux !
Bref, "Peau d'âne" reste donc un film atypique, appréciable, culte pour certains (et à raison) mais que je ne reverrai quant à moi peut-être pas de sitôt !