Je viens de revoir "Peau d'Âne" et de me prendre une grosse claque. Je ne pensais pas pouvoir être ému aux larmes devant ce film que j'ai regardé maintes et maintes fois durant mon enfance sans jamais éprouver le moindre début d'un frisson. Et pourtant !
Tout dans ce film respire la calme beauté et l'amour de conte de fées. Tout est chatoyant, moiré, velouté. Les costumes sont splendides, notamment lors du défilé des prétendantes : velours profonds, satins brillants, perles, diamants, couronnes, dentelles, corsets délicats, traînes, capes plissées, mantes et hennins, manches bouffantes, soieries diverses... Okay, je suis peut-être une grande folle, mais cela n'enlève rien à l'efficacité de la mise en scène qui se contente d'éléments rudimentaires et symboliques (surchargés d'ornements excentriques, soit), lits, trônes, chaises, tables... placés dans les décors somptueux de Chambord et du Pléssis-Bourré, magnifiés par leur dépouillement même.
La prestation de Catherine Deneuve se défend, tandis que le jeu des personnages secondaires crève l'écran : Delphine Seyrig en tête, suivie par Jean Marais et Micheline Presle dont le port naturellement royal sied parfaitement à leur rôle. Jacques Perrin est choupi tout plein, même si certains plans ne mettent pas en valeur son profil (et je sais de quoi je parle). Les effets spéciaux sont confondants de simplicité mais restent parfaitement efficaces, même à l'heure du numérique. Du tout émane une douce impression d'étrangeté et de surréalisme frivole, renforcée par d'hilarants anachronismes comme l'arrivée à Chambord du couple royal en hélicoptère.
La morale du film est divinement bien trouvée : peut-être que cette histoire est difficile à croire, mais tant qu'il y aura des enfants, des mères et des mères-grands, elle continuera d'être racontée. Ajouterai-je que tant qu'il y aura le cinéma, je continuerai à la regarder ?