Les terribles 24 heures de permission de Mathilda, héroïne du nouveau cinéma roumain.

Comme beaucoup de films de la si riche nouvelle vague du cinéma roumain, Periferic impressionne lors de quelques scènes clés terriblement efficaces, des moments qui ont le don de nous scotcher littéralement à notre fauteuil et de nous assurer qu'on se souviendra longtemps de ce que l'on vient de voir. Ici, il s'agit par exemple d'une scène d'accident de voiture particulièrement saisissante, très sèchement mise en scène et que bien des réalisateurs spécialisés dans le cinéma d'action devraient regarder avec un calepin à portée de main. La dernière séquence, qui se déroule entièrement dans un train de nuit, voire dans le compartiment occupé par Mathilda et son fils, impressionne également par sa maîtrise. Là encore, le cinéaste pourrait sombrer dans un suspense déplacé, de mauvais goût, jouant cruellement avec nos nerfs et la destinée de ses personnages, mais il évite soigneusement cet écueil par son art du montage et son regard attentif sur Mathilda. Il nous livre ainsi un ultime quart d'heure très marquant. Si le pessimisme l'emporte finalement, Periferic ne se complaît donc pas dans une noirceur plombante, il paraît toujours y avoir un espoir, malgré tout, grâce à cette équilibre fragile trouvé par le réalisateur. Si le film de Bogdan George Apetri, qui a ensuite mis dix ans à en réaliser deux autres coup sur coup, n'est pas du niveau des meilleurs de ses confrères Cristian Mungiu (4 Mois 3 Semaines 2 Jours) ou Cristi Puiu (La Mort de Dante Lazarescu), il n'en demeure pas moins une modeste mais réelle réussite qui vaut définitivement le coup d’œil...lire la critique intégrale ici.

ilaose
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le 10 juin 2021

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