Après Tuer n'est pas jouer qui m'avait fortement déçu, ce second Bond de Tim Dalton est nettement plus réussi ; Tim n'a pas réussi à s'approprier le rôle, mais on le sent plus à l'aise, même s'il n'a pas la même prestance, ni la sensualité de Sean Connery, mais il en a le sérieux et le professionnalisme. De cette façon, on peut dire que Permis de tuer ressemble aux premiers films de la franchise, tel Bons baisers de Russie... les gadgets sont moins nombreux, le ton est un peu plus violent, les femmes ne sont plus des potiches enamourées dont la conversation se résumait à quelques "Oooh James...", et surtout le méchant est vraiment très réussi, vicieux et sadique, c'est l'ordure absolue, un des meilleurs de la franchise, incarné par l'excellent Robert Davi, l'homme au lézard sur l'épaule. Il est entouré de plusieurs séides : son homme de main Dario incarné par un tout jeune Benicio Del Toro, tueur sadique lui aussi, Krest, un trafiquant antipathique joué par Anthony Zerbe, ainsi que Heller le chef de la sécurité joué par Don Stroud. A ce propos, le casting est très riche avec une équipe de bons seconds rôles, outre ceux cités, on y voit aussi Frank McRae, David Hedison (rôle de Félix Leiter), Everett McGill, Cary Hiroyuki-Tagawa, et les 2 Bond girls Talisa Soto et Carey Lowell...
Après le coup d'essai de Tuer n'est pas jouer donc, cet opus a de nombreuses améliorations, même s'il y a de légers trucs en demi-teinte, comme la séquence pré-générique que je ne trouve pas aussi terrible ; en comparaison, celle de Tuer n'est pas jouer était meilleure, mais c'est pas trop grave, la chanson par contre de Gladys Knight "Licence to kill" est une des meilleures de la collection, bien que la musique de Michael Kamen se fasse plutôt discrète.
Ce qui est intéressant, c'est que Bond agit par vengeance, sans licence de tuer, exclu du service et désavoué par M ; il perd son objectivité et n'en est que plus spontané, plus libre, moins programmé. Dame, on lui tue presque son vieux pote Felix Leiter (une petite audace scénaristique soi dit en passant), il a un compte à régler et devient plus humain en même temps. Le sujet sort un peu de la routine habituelle. Pourtant, à bien y regarder de près, il n'y a rien de vraiment nouveau dans ce Bond : le héros entre dans l'illégalité et s'infiltre chez le méchant pour mieux le zigouiller et faire exploser sa base, on a déjà vu ça plein de fois. Les James Bond sont devenus des machineries si lourdes à gérer que rien ne ressemble plus à un Bond que le précédent ; le choc de Dr No en 1962 est déjà loin...
Reste un divertissement à grand spectacle, réalisé avec efficacité par John Glen (qui en est à son 5ème Bond), il appuie sur le champignon et décolle sec avec pas mal de temps forts enchaînés à un bon rythme, et dont le point d'orgue est une spectaculaire poursuite en camions-citernes signée par l'incontournable Rémy Julienne. Mais au final, Dalton abandonnera le rôle au moment où il commençait à capter l'essence du personnage, laissant une porte ouverte qui ne se refermera qu'en 1995 avec Pierce Brosnan. Dommage, je ne l'aimais pas dans son premier Bond, mais là il me plait, il fait oublier le pantin clownesque que d'épisode en épisode, Roger Moore tournait en ridicule. Un des meilleurs James Bond de la série (9ème de mon Top Bondien).

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le 23 nov. 2017

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