Donnant la priorité à l'action, Henri Verneuil a réussi un polar de facture presque hollywoodienne dans le paysage urbain parisien, avec un personnage de commissaire rentre-dedans dont on devine un peu l'influence ; L'inspecteur Harry n'est pas loin. En filigrane, bavures policières, grand banditisme, insécurité grandissante, serial killer... ces thèmes utilisés dans un scénario bien construit, étaient entrain de devenir des phénomènes sociaux inquiétants dans la France des années 70. Aujourd'hui, c'est pire. Belmondo qui à cette époque était le roi des acrobates cinématographiques, s'amuse comme un petit fou en accomplissant une succession de prouesses sur les toits de Paris, suspendu à un hélicoptère, caracolant sur le toit du métro, et réglant son compte à Minos, un tueur de femmes qui défie la police, tout en se livrant à des scènes ironiques en compagnie de son acolyte, l'excellent Charles Denner. Là dessus, Ennio Morricone vous déroule un de ses meilleurs morceaux avec une mélopée lancinante et crispante qui vrille les nerfs et qui colle parfaitement au sujet. C'est pourquoi avec tous ces éléments réunis, ce polar vigoureux reste comme une sorte d'apothéose de l'association Verneuil / Belmondo, un film très distrayant, encore plus maîtrisé que le Casse qui était pourtant déjà sacrément réussi côté action, du Verneuil carré et ultra efficace, un des meilleurs polars français des années 70, et certainement un de mes Belmondo préférés avec le Magnifique.