Je ne peux pas dire que j'ai véritablement apprécié ce film, mais il faut lui reconnaître un sens de l'audace rarement vu. "Pieles" crée même une forme de malaise tant ses personnages monstrueux mettent mal à l'aise. Les situations auxquelles ils sont confrontés tout du long amplifient encore ce sentiment désagréable. Evidemment le réalisateur provoque son spectateur, jusque dans quelques scènes un peu limites, pour poser sans détours ou fausse pudeur la problématique du physique dans la relation aux autres. Il montre brutalement la souffrance qui peut découler de son aspect, de sa différence, du rejet de son corps. Il faut aussi reconnaître à Eduardo Casanova un véritable sens de l'image : il nous emballe toute cette laideur physique et morale dans des décors rose bonbon, en totale contradiction avec les propos de son film, créant ainsi quelque chose de visuellement unique. Finalement, il n'y aurait pas du Lynch ou du Greenaway chez ce jeune réalisateur ?