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Une des meilleures adaptations que j'ai vu, infiniment mieux que le récent remake fainéant et lâche de Disney.
La version de Del Toro est à la fois originale et fidèle, et elle arrive à donner de bonnes morales à tous : la guerre n'a rien de glorieux, le nationalisme amène à la haine entre camarades, et surtout il n'y a pas vouloir d'enfants parfaits car la vie est déjà un don en soi. C'est déjà une bénédiction pour Gepetto d'avoir un enfant après avoir perdu son premier fils Carlo en 1916.
Pour autant, ce film fait l'exploit d'être à la fois merveilleux et gothique tel un film de Tim Burton et d'Henry Selick. On retrouve aussi des références à L'Échine du Diable (la bombe tombée du ciel qui tue) et au Labyrinthe de Pan du même réalisateur. La Fée Bleue et sa sœur La Mort sont aussi des références aux Anges bibliques à plusieurs yeux et au Sphinx.
Si on n'a pas l'île aux Plaisirs ou le Chat et le Renard, on a en revanche le Cricket, un Comte marionnettiste méchant et son singe Spazzatura. Et toujours une baleine à la Monstro qui porte bien son nom.
Les connaisseurs de Pinocchio seront aussi contents de voir la tournure antifasciste du film, qui se passe à l'époque mussolinienne mais qui se moque du Duce en en faisant un nain ridicule. Un vrai pied de nez aux fachos qui avaient confisqué Pinocchio dans les années 20-30 ou qui ont élu cette grognasse "post-fasciste" de Meloni, toute aussi minuscule que son idole "Popolini" dans ce film, en 2022 (année de sortie du long-métrage).
On introduit aussi à Pinocchio la malédiction de l'immortalité dans cette version : bien qu'étant en bois, il ne peut pas mourir définitivement et visite entre ses "décès" le Monde de la Mort gardé par des lapins squelettiques. Au début, ça plait même aux mussoliniens qui en voient le soldat parfait, l'arme pour vaincre leurs ennemis (mais en vain car les bombes des Alliés détruisent les forces fascistes italiennes avant de pouvoir exploiter Pinocchio avant à fond).
Mais c'est là qu'il comprend que s'il veut être un vrai petit garçon métaphoriquement, il doit accepter de mourir pour de bon comme son père Gepetto avant lui, car la vie n'est précieuse que si elle a une fin.
Bref, un film très doux-amer comme sait le faire Guillermo, arrivant une fois encore à nous faire autant rêver avec une certaine maturité dans sa propre version du conte de fées.
Cet utilisateur l'a également mis dans ses coups de cœur et l'a ajouté à ses listes C'est pas du Lovecraft, mais ça y ressemble... et 2023 : Mes Chroniques Filmographiques
Créée
le 27 mai 2023
Critique lue 34 fois
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