J’avais dit en début d’année que j’allais arrêter de me précipiter sur les nouveautés tant le cinéma actuel me déçoit. Moins d’une semaine plus tard, me voilà déjà en train de replonger avec Please Don’t Feed the Children (The Last Refuge en VF). Le nom Spielberg m’a effet intrigué, Destry Allyn Spielberg étant la fille de Steven Spielberg et elle réalise ici son premier long métrage à 29 ans. Difficile, forcément, de ne pas penser à son père qui, au même âge, galérait sur Les Dents de la mer avant de révolutionner le blockbuster. La comparaison est injuste, mais inévitable. Et malheureusement, le fossé est immense.
Dès les premières minutes, le film accumule les incohérences pour faire avancer son récit à toute vitesse, au détriment total de la crédibilité. Personnages qui prennent des décisions absurdes, situations artificiellement tendues, poursuites ridicules où tout le monde semble soudainement perdre ses capacités motrices ou cérébrales. Et surtout, cet agacement constant de voir les personnages avoir mille occasions de s’enfuir sans jamais le faire. Ils hésitent, regardent autour d’eux, prennent la pire décision possible, encore et encore, uniquement parce que le scénario en a besoin. À ce stade, ce n’est plus de la tension, c’est de la paresse d’écriture.
Le contexte post-apocalyptique, introduit par une voix off explicative (déjà un mauvais signal pour moi) aurait pu être intéressant. Une épidémie, des enfants isolés dans des camps… Mais tout cela n’est qu’un prétexte creux, jamais réellement exploité, sans enjeu ni véritable réflexion. Les intrigues secondaires sont tout aussi clichés et inutiles, notamment les flashbacks et apparitions liées à la sœur décédée de l’héroïne, qui n’apportent strictement rien au récit. La mise en scène et le jeu d’acteurs flirtent constamment avec le téléfilm, malgré la présence de comédiens pourtant solides comme Michelle Dockery ou Giancarlo Esposito, dont on se demande sincèrement ce qu’il fait là. Ajoutez à cela une musique lourdingue qui tente désespérément d’imposer une tension artificielle, et on obtient un film aussi creux que frustrant. Une énorme occasion manquée, et un rappel de plus que le pedigree ne fait pas le cinéma.