Trop long et répétitif dans sa narration des combats opposant les tanukis transformistes à l'humanité (la modernité ?) dévoreuse de nature et de liberté, "Pompoko" n'est pas un film aussi aimable que ce que l'on attend d'une fable écologique centrée sur "des petits animaux rigolos" : nous sommes dans l'anime japonaise, où rien n'est simple et évident, où l'on est bien en peine de discerner le mal du bien, et où tout change en permanence, de l'apparence des personnages - reflétant la complexité de leurs émotions, ou simplement le point de vue du spectateur (tantôt des animaux ordinaires que le passant entraperçoit dans la campagne, tantôt des créatures cartoonesques palpitantes de vie et d'humour, mais aussi de simples croquis inexpressifs lorsqu'ils sont évanouis par exemple...) - au sens même de leur combat : car si Takahata fait encore couler les larmes d'abondance dans sa conclusion désenchantée sur l'oubli de valeurs essentielles, à jamais perdues, il ne nous laisse jamais oublier que la vie continue, malgré tout.
[Critique écrite en 2006]