Il y a de ces films dont vous sortez changés, avec une vision différente des choses, un regard neuf. Des films qui vous font voir le monde autrement, vous passionne pour des gens et change vos idées préconçus. Et puis il y a les autres … Praia do futuro (littéralement la plage du futur) est l’un d’eux.
Le film débute : deux motards roulent à vive allure dans un désert au son très grinçant du groupe Suicide. Puis, une plage, du vent et des vagues mortels qui emportent avec elles deux hommes. Donato, sauveteur brésilien n’a alors pas d’autres choix : sauver l’un des deux. Le destin lui choisit Konrad, un touriste Allemand dont il tombe instantanément amoureux. Pour vivre cette histoire, il quitte alors famille et amis pour le rejoindre à Berlin. Quelques années plus tard, son petit frère Ayrton, débarque dans la capitale, annonçant tel un Camus que « maman est morte ».
Un long métrage qui change notre regard sur l’homosexualité ? (film notamment présenté ouverture du festival LGBT de Paris, Chéris Chéris en Décembre 2014). Rien n’est moins sure, au contraire Tout semble même dépassé, digne des films gay tel qu’ont les faisait il y a maintenant 20 ans. Des acteurs homosexuels en perpétuelle recherche de soi, sans attache et à la sexualité sauvage (scène de baise dans la voiture). Autant d’éléments qui nous empêchent de nous attacher aux acteurs, Wagner Moura (Donato) et Clemens Schick (Konrad) qui brillent pourtant dans leurs rôles respectifs. Le manque certain de dialogue n’y arrangeant rien, le réalisateur Karim Aïnouz y préférant les sensations, filmant de nombreuses scènes sans qu’aucun mot ne sois prononcé.
Au delà du mélodrame amoureux c’est le portrait d’un jeune brésilien en pleine évolution que nous chante le réalisateur, traitant à la fois des racines, du lien fraternel ou encore de l’absence. Construit autour de longue ellipse temporelle et géographique, le film nous emmène au Brésil puis en Allemagne. Passant des couleurs chaudes à la grisaille, d’une année à sept ans après, sans suivre de lien. C’est alors l’ennui qui s’empare de nous petit à petit, tant le film failli en profondeur. Suivre la vie d’un homme ennuyeux ne peux être qu’encore plus ennuyant. L’on attend cette scène, celle qui nous colle au siège, qui nous décroche de cette lenteur interminable … en vain.
Le film se terminera comme il a commencé sur une plage, sous fond de retrouvailles fraternelle et amoureuse. Laissant s’échapper trois hommes dans le brouillard. Celui-ci même dans lequel nous restons une fois l’écran devenu noir.