La photographie et les mises en scènes sont belles. Beaucoup de plans de dos qui nous amène à ressentir et accompagner le personnage de Cédric joué par Thomas Blanchard.
D'ailleurs c'est aussi pour ce personnage que j'ai aimé ce film : la trentaine, il vit toujours chez ses parents dans une grande maison entourée d'une forêt. On ne sait pas s'il est autiste ou schizophrène mais dès le début on comprends qu'il a un problème, on ne sait pas lequel.
Au fur et à mesure lors d'un repas de famille, on découvre les membres de sa famille : une mère très protectrice et trop autoritaire avec lui (à mon goût) jouée par Nathalie Baye. Son père (Arno)est sans doute le personnage le plus réaliste, il veut l'accompagner en Autriche retrouver le paysage que Cédric a en poster dans sa chambre et ne lui donne pas d'ordre. D'ailleurs le père est malade, Cédric le dit tout le temps mais personne ne le contre-dit ou n'essaye de poser des questions à Alain (le papa), qui lui même ne rétorque jamais à ce sujet. Sa soeur est tout bonnement insupportable et pas réaliste à mon sens, quand Cédric ose dire ce qu'il pense, tout ce qu'elle trouve à dire c'est "Mais t'es complètement coooon ! Ca va pas bien !". C'est peut-être pour exprimer sa peur, mais pour une soeur qui est sensé avoir vécu avec lui et le connaitre elle réagit bizarrement, en fait je pense que je n'aime pas ce personnage tout simplement, parce qu'elle ne s'est jamais intéressé vraiment à lui et parce qu'elle avait et a trop peur.
Il y a de très belles scènes notamment celle où il se met à pleuvoir, Cédric reste assis sous la pluie alors que les autres s'agitent autour de lui pour tout rentrer à l'intérieur : le tout au ralenti.
Le petit clin d'oeil à Shinning, évoqué plus tard par le réalisateur, Antoine Cuypers.
C'est un film qui traite de la normalité. Qui est normal, qui ne l'est pas et pourquoi ? Et tout ça, Cédric y répond en se révoltant contre sa famille. C'est un film très contemplatif au final, qui pose des questions sur la responsabilité de tous dans une famille, à l'équilibre.
Au final celui qui en a le plus conscience, pour moi c'est Cédric et son problème vient à la fois de sa famille que de lui même, même si je pencherais pour dire que c'est la faute de sa famille.