Bouton D’Or et Westley s’aiment d’un amour pur. Mais Westley, parti chercher de l’argent pour payer leurs noces, meurt en mer et Bouton D’Or reste inconsolable, cinq ans durant. Puis, le prince Humperdinck de Florin la propose en mariage et Bouton D’Or accepte à contrecœur. Quelques jours avant la noce, elle est enlevée par trois brigands, Vizzini, Inigo Montoya et Fezzik et ils sont tous les quatre poursuivis par un mystérieux homme en noir masqué…
Dans la lignée des souvenirs nostalgiques d’enfance, je suis retombée sur ce film que j’ai découvert à ma pré-adolescence (tout le monde ne jurait que par l’histoire d’amour insipide entre Bella et Edward et moi, je trouvais mon bonheur dans les bras de Westley et de Bouton D’Or).
J’ai tout de suite été happée par l’univers féérique du film. En effet, au-delà de son histoire d’amour, l’histoire possède un humour décalé extraordinaire, des personnages-clichés qui, par leur manière de déjouer ces clichés, deviennent attachants (mêmes les méchants !), des rebondissements géniaux, des costumes fabuleux, des dialogues succulents et une ambiance bon enfant qui se sent à tout moment chez les acteurs et dans leurs personnages. On s’amuse avec eux et ils nous font traverser un milliard d’émotions.
Etonnamment, le film dure 1h30. Mais ça passe si rapidement qu’on ne s’en rend jamais compte que c’est aussi court. La réalisation est assez classique. Certes, il faut quand même être quelqu’un d’efficace pour diriger ses acteurs, trouver le bon plan, la bonne chorégraphie, le bon jeu et le bon tempo (remarque, il faut aussi avoir une équipe efficace !) mais comme les trois quarts du film passe par l’humour et donc le jeu des acteurs… disons que la réalisation est toujours le truc qui passe à la trappe quand j’analyse le film, tellement elle est discrète. Néanmoins, on peut compter sur un bon mélange entre gros plans (par là que passe les émotions) et plans d’ensemble (pour montrer l’action) qui reste très sympathiques.
Le scénario est aussi un bon exemple cinématographique tant il sait être simple mais efficace. Le seul problème est que, maintenant que je connais la durée du film, je suis quelque peu chagrinée des coupes qui ont été faites par rapport au livre (éponyme). En effet, A la place du Puits du Désespoir (Pit of Despair, je ne sais plus comment ça a été traduit en français), il y avait apparemment tout un zoo de créatures maléfiques avec plusieurs niveaux d’intensité, obligeant Westley à plusieurs épreuves pour survivre. Faire dix, quinze minutes de plus dans le film n’aurait donc pas été un problème, reste qu’il fallait que le budget suive (ce qui ne me semble pas le cas, d’où une coupure aussi simpliste)…
L’histoire d’amour est magnifique bien qu’il y a deux moments qui me gênent particulièrement : le premier est quand Westley, déguisé, vient moquer des sentiments de sa belle pour la tester et où il la menace… d’une gifle… pour lui apprendre à ne pas mentir (parce qu’il pense qu’elle ment sur ses sentiments). Je sais qu’il est à ce moment-là déguisé en pirate sanguinaire et qu’il se doit d’être dans la peau de son personnage mais quand même ! Bonjour l’analyse du comportement une fois le masque tombé ! Mais c’est mineur…
Le deuxième moment est… plutôt un comportement général de Bouton D’Or : dans tout le film, elle a quasiment tout le temps un comportement de femme soumise, qui va avec son persona de demoiselle en détresse, bien sûr. Toutefois, c’est frustrant parce qu’il y a 1) de beaux moments où elle prouve qu’elle est maîtresse de son destin (et capable de quelque chose), 2) d’autres moments où elle ne fait STRI-CTE-MENT RIEN quand les autres personnages se mettent en danger pour elle ! Et s’il y a bien un truc qui m’énerve dans les films/séries/livres (peu importe si c’est un garçon ou une fille), ce sont les gens qui restent plantés là, devant le danger, à regarder les autres se démener pour leur sauver la vie et à ne SURTOUT PAS CHERCHER À LES AIDER ! Même si tu es paralysée par la peur, ton instinct te fera sans aucun doute prendre une décision !
Enfin, je veux dire : l’amour de ta vie est en train de se faire bouffer la clavicule par un rat géant ? Prends une branche ou l’épée que ton amant cherchait désespérément pour tuer la bête et achève l’animal avant que ce soit lui qui vous achève, sinistre idiote !
Non, là, elle reste plantée là comme une idiote dans une scène qui, même avec un ton comique, commence à vieillir de moins en moins bien. Comme, en plus, dans la scène finale, la seule part active qu’elle ait à jouer est de tenter de se donner la mort et de ligoter Humperdinck… tu te dis que Bouton D’Or n’est décidément pas un modèle qui vieillit bien pour les petites filles (à côté, mêmes les princesses les plus vieilles de Disney sont des combattantes). Je ne sais pas vous, mais moi, j’ai pris modèle sur Inigo Montoya il y a bien des années.
Allez : Hello, My Name Is Inigo Montoya. You Killed My Father. Prepare To Die. Bonne soirée.