Princesse Mononoké et moi, c'est une longue histoire. Une histoire compliquée, une sorte d'impossibilité de ma part pour l'aimer, un amour impossible entre le chef d'oeuvre de Miyazaki et moi.
Un peu comme pour Ashitaka et San.


Je l'ai vu pour la première fois étant tout jeune. J'avais commencé sans véritablement le vouloir un cycle Miyazaki dès mes 9 ans avec la découverte du Château dans le Ciel au cinéma, ma première grande claque cinématographique. Là ou ce dernier m'avait émerveillé, Mononoké m'a effrayé, terrifié. J'ai pleuré du début à la fin, de peur, de colère, d'incompréhension. Il m'en a fallu du temps pour le revoir mais que ce ne fut pas bénéfique !


La claque, la magie de Miyazaki opère de nouveau, je suis transporté dans ce japon féodal, au travers de cette forêt sombre et dense et là ça me frappe. Ce film est probablement l'un des plus abouti qu'il m'ait été donné de voir. L'art graphique de Miyazaki est poussée à son paroxysme (à savoir que ce film est son dernier tourné avec les dessins originels, le maître faisant beaucoup plus appel à l'infographie pour ses films suivant) et il frappe fort, en appuyant là où ça fait mal.


Car Mononoké c'est une bosse dans le parcours de Miyazaki, c'est une oeuvre différente, par énormément d'aspects.
C'est la terre qui prédomine devant le ciel, lui l'amoureux des airs, a laissé pied à terre.
C'est l'amour impossible, déchirant, comme jamais il n'avait été peint par le réalisateur, entre Ashitaka le (plus grand de tous les) héros, damné par son contact avec le démon, et San la guerrière, princesse des loups, qui chaque fois qu'elle apparait, semble voler malgré son appartenance à la terre.
C'est un film s'éloignant du manichéisme de certains de ses précédents films, Dame Eboshi étant certes identifiée comme mauvaise mais possédant des principes propres. Une méchante noble, froide, implacable, mais possédant surtout la volonté de protéger les siens.
C'est une guerre sans fin entre des lépreux et des esprits de la forêt, une guerre condamnée par le réalisateur dans un final sanglant.
C'est une forêt sombre et dense, peuplée d'animaux gigantesques, c'est un dieu cerf majestueux, une trahison, une rédemption, une histoire de corruption de sanglier géant, un sauvetage.
C'est une violence à tous les étages, physiques et graphique, comme jamais Miyazaki n'en avait fait la démonstration.
C'est le summum de sa collaboration avec Joe Hisaishi, ce dernier livrant ce qui est une de ses plus belles partitions (même si c'est très compliqué de démarquer une de ses oeuvres dans ce domaine). D'ailleurs, je t'entend fredonner quelques notes, tiens ça c'est cadeau : https://www.youtube.com/watch?v=X9mGQU7rGGM


Ca en fait des choses, mais ça se bouscule dans ma tête. J'ai longtemps voulu écrire sur ce film, mais jamais je n'avais réussi à mettre les mots sur mes émotions. Et même maintenant je me rends compte que je suis plus en train de servir une bouillie bien chaude qu'autre chose. Parfois il est aisé de mettre des mots sur des sentiments, parfois c'est plus compliqué. Alors je vais parler pour l'oeuvre entière de Miyazaki.


Cela fait maintenant un an qu'Hayao Miyazaki nous a livré son film testamentaire. Ghibli se meurt tout doucement à ma plus grande tristesse. Mais même si Ghibli disparait, jamais je n'oublierai ce que cet homme m'a apporté. Je lui dois mon éveil culturel, je lui dois mon enfance rêveuse, enchanteresse, je lui dois tous ces rêves qu'il m'offreà chaque fois que je regarde un de ses films. Je lui dois tellement, jamais un réalisateur ne m'a autant touché émotionnellement. Je ne vais pas répéter ce que j'ai écris dans ma critique sur Le Vent se Lève à propos du monsieur, je ne peux que le remercier encore une fois.
Mononoké est son oeuvre la plus intense, celle qui me provoque le plus d'émotions, celle qui me fait rêver dans ses explosions colorées, autant qu'elle me fait pleurer dans son infinie mélancolie. Un chef d'oeuvre intemporel, une oeuvre unique, la pièce maîtresse, le pilier central d'un ensemble féérique et magique, tiré de l'imaginaire d'un homme hors du commun. Merci Mr Miyazaki pour ce que vous avez apporté au cinéma.
Merci pour tout.

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