Tout le monde connait Hayao Miyazaki, le Disney Japonais qui a su imposer avec son studio Ghibli tout un imaginaire empreint de poésie, de philosophie existentialiste, de pacifisme et d'amour inconditionnel du vivant. Princesse Mononoké reprenait un peu la même trame que le célèbre La Forêt d'émeraude de John Boorman, une histoire confrontant une héroïne élevée dans la nature face à la société des hommes modernes obnubilés par le progrès et l'industrie. Tout le talent du réalisateur se retrouvait dans chaque plan d'une grande finesse, chaque animation d'une grande richesse et chaque rebondissement alternant entre contemplation raffinée de la nature et séquences épiques renvoyant à la dureté de l'existence sans jamais en masquer toute la barbarie. En outre le héros Ashitaka jouait le rôle de trait d'union entre le monde de la nature et celui des humains et arrivait a apporter beaucoup de nuance à un récit qui aurait pu tomber dans le manichéisme bête et méchant. Si Princesse Mononoké figure toujours parmi mes animés préférés aujourd'hui encore c'est non seulement parce que la réalisation se révèle d'une classe folle mais aussi parce que cette allégorie écologiste nous renvoie invariablement à notre monde contemporain tiraillé entre progressisme obsessionnel et volonté de préserver le fragile monde dans lequel nous vivons et qui est indispensable à notre survie. Une ode à notre monde et à notre humanité qui nous invitait à méditer sans nous jamais culpabiliser, une subtilité très éloignée des Blockbusters américains bien plus caricaturaux et simplistes dans leur narration. Un véritable Chef'd'oeuvre de l'animation japonaise.