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Les âmes vagues
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Printemps tardif, c’est un régal pour l’œil comme sait si bien en offrir Ozu. Un écrin visuel pour raconter un drame qui n’a rien d’original dans l’œuvre du réalisateur : celui de Noriko, une jeune femme que l’on pousse à toute force au mariage. Son personnage est un archétype récurrent que l'on retrouve dans Été précoce, Début d'Eté, Fleur d'Equinoxe, Fin d'Automne, Goût du saké.
Noriko a 27 ans, il est plus que tant selon ses proches qu'elle se marie ! Mais elle, n’en éprouve pas le besoin, elle vit avec son père veuf et est heureuse de prendre soin de lui. Peut-être surtout, apprécie-t-elle l’indépendance que lui confère son statut de célibataire. Une chose est sûre, elle a du caractère. Les personnages féminins d’Ozu sont toujours des femmes fortes et mis à l’honneur.
Printemps tardif met en scène deux acteurs fétiches d’Ozu : Chishû Ryû qui interprète le père et Setsuko Hara qui campe la jeune femme. L’actrice est capable de passer du sourire le plus radieux au visage le plus sombre et tourmenté.
Entre plans d’intérieur parfaitement cadrés, et plans extérieurs qui nous apportent une bonne bouffée d’air frais, Ozu fait évoluer lentement son histoire et ses personnages. Tous deux, le père et la fille vont devoir apprendre et consentir à se quitter.
Une séquence illustre la façon dont Ozu nous fait percevoir l'évolution de ses personnages: celle qui se déroule lors d'une représentation de Nô à laquelle Setsuko et son père assistent. Sans aucun dialogue, sans action particulière, Ozu nous montre Setsuko prenant conscience qu'une tierce personne attire l'attention de son père. Elle devient alors convaincue que son père va se remarier. Ozu n'utilise pas moins de 26 plans différents pour nous amener à voir et comprendre ce qui se passe dans l'esprit de Setsuko et surtout ce qu'elle ressent. Chacun de ces plans a son importance, c'est une merveille de réalisation d'une grande densité émotionnelle; une séquence inoubliable.
Il ne faut pas espérer trouver le bonheur sitôt mariés. N’attends pas le bonheur, construit-le toi-même. Se marier n’est pas le bonheur, c’est créer une vie nouvelle ensemble qui amène le bonheur. (…) Le bonheur vient avec l’effort.
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Créée
le 12 janv. 2024
Modifiée
le 27 janv. 2024
Critique lue 287 fois
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