Project Silence part d'une idée plutôt séduisante : un gigantesque carambolage sur un pont plongé dans le brouillard, des survivants piégés au milieu du chaos et, comme si cela ne suffisait pas, une meute de chiens issus d'un programme militaire secret lâchée dans la nature.
Le film prend le temps d'installer son décor durant une petite demi-heure. L'ambiance catastrophe fonctionne plutôt bien, le brouillard apporte une certaine tension et l'idée de ces chiens clonés guidés par une femelle devenue folle de rage après avoir assisté à la mort de ses petits apporte même une dimension tragique inattendue.
Autre bonne surprise : les effets numériques. Je ne suis généralement pas un grand amateur de CGI, mais les plans rapprochés sur les chiens s'en sortent plutôt honorablement. Les créatures possèdent chacune leur propre apparence, ce qui évite l'impression de voir le même modèle copié-collé vingt fois à l'écran.
Malheureusement, le film ne tient pas toutes ses promesses. Quelques effets sanglants durant les attaques aurait donné une touche un peu plus interressante voir gagner en credibilité vu la taille des machoires de ces chiens. Certaines incrustations numériques deviennent beaucoup moins convaincantes dès que les chiens sont filmés de loin ou en mouvement rapide. Les attaques perdent alors en crédibilité et rappellent parfois que le budget n'était pas extensible à l'infini. Cruelle loi du cinéma moderne : quand l'ordinateur commence à souffler, le spectateur le remarque aussi.
Le principal problème reste toutefois la dernière partie. Plus le récit avance, plus il devient prévisible. Chaque élément semble annoncer à l'avance son utilité future, jusqu'à ce fameux camion de dépannage dont on devine presque immédiatement le rôle dans le final. Les situations censées être tendues deviennent mécaniques et l'émotion sonne souvent forcée.
La conclusion est, à mes yeux, le véritable naufrage du film. Entre les clichés familiaux, les rebondissements téléphonés et certaines scènes qui semblent tout droit sorties d'un mélodrame, l'ensemble perd complètement le ton de thriller de survie qu'il avait pourtant réussi à installer auparavant. Quant à l'inévitable plan final suggérant que tout n'est peut-être pas terminé, il arrive avec autant de surprise qu'un tueur masqué revenant pour un douzième épisode.
Reste un divertissement correct, jamais franchement ennuyeux, porté par un concept intéressant et quelques moments efficaces. Mais entre ses CGI inégaux, son scénario trop prévisible, son manque d'une legere touche de gore durant les attaques et surtout une fin qui gâche une bonne partie du voyage, Project Silence laisse surtout l'impression d'une occasion manquée.
4,6/10
Au final, Project Silence avait entre les mains tous les ingrédients pour devenir un solide thriller de survie. Dommage qu'il choisisse de sacrifier une bonne partie de son potentiel dans une dernière ligne droite prévisible et sans inspiration. Il reste quelques bonnes idées et des moments efficaces, mais une fois le générique lancé, le souvenir du film se dissipe presque aussi vite que le brouillard qui enveloppe son pont.