Réalisé par Nima Nourizadeh, Projet X assume dès les premières minutes sa nature de défouloir adolescent sans prétention ni morale.
Je reconnais au film une qualité : celle d’assumer jusqu’au bout sa démesure. Nima Nourizadeh pousse le chaos à son paroxysme, jusqu’à ce que la fête vire à l’apocalypse totale — un nain dans un four, un jardinier armé d’un lance-flammes, un hélicoptère au-dessus d’un quartier en flammes. Ce jusqu’au-boutisme absurde finit par créer des images devenues iconiques, qui rappellent les clips électro des Bloody Beetroots (Cornelius). Le réalisateur ne cherche pas la vraisemblance, il cherche le souvenir visuel, et sur ce point, il réussit.
Mais le film trébuche sur son propre concept : le format found footage, censé renforcer le réalisme, se transforme vite en contrainte bancale. L’usage de la caméra subjective n’est ni cohérent ni crédible — pourquoi tant de points de vue impossibles, ou des cadres travaillés qui contredisent l’idée d’un simple “cadeau d’anniversaire” ? À cela s’ajoutent des personnages stéréotypés, de Thomas à Costa, qui reproduisent sans subtilité les archétypes de la comédie adolescente américaine.
Au final, Projet X m’a laissé aussi épuisé qu’amusé. Un pur produit de son époque, bruyant, provocateur, mais creux — une fête dont on ne garde que la gueule de bois.