Pour être tout à fait honnête, cet ultime film mettant en scène Charles Bronson et son épouse Jill Ireland n’est vraiment pas bon. Du point de vue du scénario et de la réalisation (Peter Hunt a pourtant prouvé par ailleurs qu’il n’était pas un manche), on est dans le téléfilm. Un téléfilm qui se paye le luxe de faire sauter un yacht, une voiture et une baraque en bois, mais qui n’a pas grand-chose à proposer. Pour ceux qui pouvaient se demander jusqu’ici si Charles Bronson exécutait ses cascades lui-même, ce film en apporte la réponse définitive avec des doublures qu’on ne fait même pas l’effort de cacher. Il faut dire qu’à 66 ans, l’ami Bronson a pris un petit coup de vieux et manque désormais de crédibilité dans ce genre de rôle. On s’étrangle d’ailleurs de voir sa jeune partenaire d’une vingtaine d’années lui faire un rentre-dedans aussi ridicule qu’improbable. Avec son scénario qui empile les incongruités, on est, de toute façon, clairement dans le nanar.


Entre la première Dame des États-Unis qui se fait la malle sous le nez de ses gardes du corps, et le face-à-face que se livrent les tueurs à ses trousses et le père Bronson, y a quand même de quoi se marrer. Il y avait ainsi bien longtemps qu’on n’avait vu aussi mauvais tireurs que cette bande de vilains messieurs qui n’auraient certainement pas ramener la moindre peluche de la fête foraine. Bronson, lui, ne se laisse pas déborder par les sentiments. Il dessoude à coups de lance-roquettes (si, si), tue à bout portant plutôt que d’interroger un blondinet (le vrai William Hayes de Midnight Express) qui lui filait le train, pousse malencontreusement un peu trop fort un sale type qui, du coup, passe à travers la vitre d’un ascenseur donnant sur le bitume cinquante mètres plus bas. Ce côté bourrin reste, malgré tout, plutôt sympa même si la fin n’atteint pas le paroxysme espéré, la production réduisant de moitié le budget prévu pour toute la partie finale.

Avec son rythme un brin chaotique (les scènes dialoguées, pas toujours aussi réjouissantes qu’elles auraient pu l’être, alternent avec des scènes d’action pas systématiquement très lisibles), ses personnages et ses situations jamais exploités pour en tirer le maximum, sa musique pas toujours très heureuse (la palme au générique de fin), son interprétation au mieux hésitante, ses dialogues parfois lunaires, on obtient comme résultat un pur produit de série typique de la Cannon. Charles Bronson porte l’entreprise à bout de bras, et qui aime notre papy redresseur de torts peut passer outre le ridicule de beaucoup de situations. C’est caricatural, ni recherché ni très bien mené mais on ne s’ennuie pas. À réserver aux fans un soir d’hiver.

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le 29 juin 2022

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PIAS

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