Psycho Killer
4.8
Psycho Killer

Film de Gavin Polone (2026)

Durant ce qui aurait dû être un banal contrôle routier au milieu du Kansas, l'officier Jane Archer assiste à la froide exécution de son mari flic par le conducteur du véhicule alias le Satanic Slasher, un tueur en série parti dans en road-trip macabre depuis plusieurs semaines à travers les États-Unis. Inconsolable, la jeune veuve décide de se lancer à sa poursuite...


Un scénario consacré à un tueur en série satanique écrit par l'auteur de "Seven" ou de "8MM", avec qui plus est la sympathique Georgina Campbell dont la filmographie témoigne toujours un réel amour du cinéma de genre sous toutes ses facettes, O.K., on signe direct... Sauf que, malheureusement, celui de "Psycho Killer" fait partie de ces projets-serpents de mer nés dans les années 2000, jamais concrétisés malgré plusieurs noms connus intéressés (Fred Durst, Eli Roth) et restés à prendre la poussière sur une étagère jusqu'à finalement ressurgir vingt ans plus tard sur grand écran alors que plus personne ne l'attendait. Évidemment, rares sont les réels bons films issus d'une si longue expérience de production à voir le jour et "Psycho Killer" n'échappe à la règle.


Là où tant d'autres longs-métrages consacrés à des mésaventures de tueur dingo avec un flic acharné à ses trousses sont désormais passées depuis, ce premier film de Gavin Polone prend d'abord la forme d'un thriller violent dangereusement daté, donnant le sentiment qu'une machine à remonter dans le temps vient de nous ramener dans l'ère post-"Seven", où quelques pentacles et diverses inscriptions ensanglantées à des murs suffisaient à créer une dangereuse aura autour d'un meurtrier, où l'obsession pour lui d'un de ses dommages collatéraux devenait synonyme d'une improbable enquête en solo parsemée d'illuminations capables de donner une syncope à n'importe quel profiler du FBI bien portant, et où la subtilité était aux abonnés absents pour mêler un point de vue ne cherchant qu'à empiler les cadavres dans son sillage à celui dépressif de sa némésis chargée d'enrayer son cycle sanguinaire.


Étonnamment, si vous êtes nostalgiques de cette époque, cette ambiance brute de décoffrage anachronique dans laquelle baigne "Psycho Killer" pourrait vous séduire car le film donne l'impression d'en être lui-même conscient et joue pleinement cette carte "primaire", tant dans son esthétisme 90's que sur le fond avec son "Satanic Slasher", incarnation de la paranoïa sataniste qui a gouverné les États-Unis à une certaine époque et, plus généralement, de la folie américaine elle-même, bourrée d'opioïdes, de croyances irrationnelles, de toxicité virile (à laquelle renvoie aussi le comportement des supérieurs de l'héroïne) et, bien sûr, de violence comme seule moyen d'expression.

À ce titre, ce tueur à la silhouette particulièrement massive (imaginez un croisement entre Frank Zito du "Maniac" originel et Michael Myers version Rob Zombie) fait plutôt forte impression, devenant la figure immuable d'un condensé de maux sociétaux que rien ne semble pouvoir arrêter et même capable de sortir de son écrin rétro pour embrasser les cancers de notre présent. À mi-parcours, le film lui fera d'ailleurs rencontrer ceux qui cherchent à dénaturer ce qu'il représente pour assouvir leurs bas instincts (dont un certain Malcolm McDowell qu'il fait toujours bon de croiser)... Autant dire que le couperet du Satanic Slasher sera sans appel à leur égard.


Et puis, il y a ce dernier acte, celui qui est sans doute à l'origine de tant d'excitation autour du scénario d'Andrew Kevin Walker au fil des années et qui, il est vrai, prend une direction plutôt intéressante pour donner une dimension originale à ce tueur sataniste. Mais c'est justement là que "Psycho Killer" aurait gagné à avoir une approche peut-être plus subtile et moderne car les rouages rouillés de sa progression trop rudimentaire se retournent hélas ici contre lui et ne lui permettent jamais de décoller à ce moment crucial qui aurait pu l'emmener clairement vers quelque chose de plus grand (et ce n'est pas l'épilogue, expédiée, qui arrangera les choses).


Même si c'est l'essence de son approche directe, "Psycho Killer" se heurte donc à ses tournures les plus simplistes quand vient le temps de montrer ce qu'il a vraiment dans le ventre, le laissant à un stade de sympathique brouillon qui parvient à faire entrevoir son potentiel sans que la maîtrise soit là pour le rendre mémorable. Un peu à l'image de la prestation de Georgina Campbell, bien entendu convaincante mais dans un rôle qui aurait mérité d'être moins manichéen.

RedArrow
5
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le 23 avr. 2026

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