Imaginer une suite au chef d’œuvre d’Alfred Hitchcock, ce n’est pas casse-gueule, c’est suicidaire. Bon nombre se sont attaqués à pondre une suite à un film culte et on sait ce qui leur en coûta. En l’espèce, le film fait presque figure d’exception. D’abord, peut-être, parce qu’il s’agit d’un film de studio tourné avec les moyens nécessaires. Autrement dit avec un scénariste de talent, avec les acteurs majeurs du premier opus et les décors originaux, le résultat ne trahit pas son prédécesseur sans jouer la carte de la redite. C’était le pari évident à relever avec cette suite : apporter une déclinaison à une histoire qui a livré tous ses secrets. Pas de doute, on constate très rapidement que cette suite tient parfaitement la route. S’il est classique, le script sait tenir en haleine le spectateur et l’ambiance oscille parfaitement entre thriller paranoïaque et séquences horrifiques, proches du slasher, comme il s’en tournait à la pelle à cette époque. Moins psychologique, plus retors, plus sanglant, cette séquelle ne vise pas tout à fait le même public mais ne trahit pas l’œuvre originale. C’est, en réalité, tout ce qu’on espérait.


Porté par la musique de Jerry Goldsmith, toujours doué pour créer des ambiances tendues, le résultat est un très bon thriller qui sait jouer avec nos nerfs et qui se laisse parfois aller à des scènes gore plutôt efficaces. Avec un casting de cette trempe, les choses semblent d’autant plus faciles. Anthony Perkins est, au sens strict du terme, toujours Norman Bates, Vera Miles est restée une actrice convaincante et les trognes que sont Robert Loggia, Dennis Franz ou Hugh Gillin sont des atouts majeurs. Si on y ajoute le charme de Meg Tilly, c’est un sans-faute total. Mais ce qui emporte évidemment l’adhésion, c’est son scénario qui joue avec malice sur les cendres du film d’Hitchcock dont Richard Franklin est un grand fan. Entre reprises et détournements des thèmes développés en 1960, jeu de massacre reposant sur de nombreux faux-semblants, le film porte en lui une véritable énigme qui fonctionne totalement jusqu’à un final sanglant à souhait et une ultime révélation qui ne peut que satisfaire pleinement le spectateur.


Rejouant certains plans iconiques du premier opus en exploitant le choix de la couleur au détriment du noir et blanc, le réalisateur réussit à la fois son hommage et sa modernisation d’un récit qu’on pensait épuisé. On ne joue évidemment plus dans la même cour que celle du maître du suspense, mais cette suite maligne est d’une parfaite efficacité. Elle ne trahit pas l’œuvre d’Hitchcock et propose un thriller horrifique tout à fait honorable.


Play-It-Again-Seb
7

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le 13 août 2025

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PIAS

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