C'est officiellement le film d'action le plus violent que j'ai vu à ce jour : D'une brutalité sans nom, gratuite et complaisante, avec une surenchère permanente qui devrait secouer les plus blasés.
La séquence d'ouverture met les choses au point, avec une scène de nettoyage méchamment efficace qui aligne : décapitation à la machette, couteau dans le crâne, pied de chaise dans l'oeil, quelques mutilations au corps à corps et environ 10 kg de douilles fumantes.
Interprété par le très massif et très classe Ray Stevenson (Rome), ce Punisher a beau être inexpressif, il pue la classe et arrose tout le monde de son charisme monolithique. Au-delà de ça, il renoue surtout avec sa nature de tueur psychopathe que la précédente adaptation cinématographique avait fortement édulcorée (il torturait à la crème glacée <- authentique) et se montre sous un jour franchement effrayant, comme une sorte de Kratos moderne.
Pour contrer un tel personnage et faire fonctionner l'empathie, il fallait des méchants encore plus impitoyables et dégueulasses. Et là aussi, Lexi Alexander va au fond des choses en nous sortant une sorte de Joker sous acide campé par un Dominic West en roue libre à qui on a dû dire "Fais n'importe quoi mais surtout n'oublie pas de rire frénétiquement dés que quelque chose de cruel passe dans ton champs de vision !". Son cabotinage est quand même assez usant, en plus de recycler toutes les vieilles ficelles de super-vilains et on se dit qu'un si bon acteur devait être très naïf ou avoir très faim pour se retrouver dans une telle galère.
/////// SPOILER \\\\\\\
En parlant de ce Joker, justement, j'en profite pour glisser un mot sur le scénario qui n'est pas allé très loin dans sa recherche d'inspirations et se contente d'une copie conforme de Batman :
- Je m'appelle Frank Castle et j'étais un type sympa jusqu'à ce qu'on assassine ma famille.
- Maintenant, je suis ultra-vénere et je dézingue toute la mafia
- J'ai eu un petit loupé et j'ai défiguré un mafieux au lieu de le tuer, en le jetant dans une broyeuse à verre pour le regarder mourir lentement.
- Ce dernier rit hystériquement en retirant les bandelettes de son faciès mutilé, assassine son médecin, prend un nom de code de super-vilain et décide de se venger du vengeur. Pas cool.
- Une potiche est prise entre deux feux, ce serait pas mal de la sauver, même si je suis une pourriture sanguinaire impitoyable.
//// FIN DE SPOILER \\\\
Finalement, le point de fort de ce Punisher est clairement son ultra-violence et son jusqu'au-boutisme dans l'intransigeance meurtrière qui parvient à choquer jusque dans les dernières fusillades où l'on se surprend encore à se dire "OMG, il a pas fait ça, quand même :x"
Ces scènes de barbarie ont beau être visuellement percutantes, il n'en reste pas moins que le film affiche une esthétique discutable (des éclairages 100% néons multicolores très "Disco"), des seconds rôles transparents et des enjeux dramatiques inexistants. C'est juste de la grosse action décérébrée mais efficace, dans la veine d'un Expendable.