Comment ne pas penser à Guantanamo en regardant ce film ? Cette mise en abymes au sens propre comme au sens figuré de la plus « grande » démocratie du monde, avec ses vieux démons. Anti-communiste, anti-jeunes, anti-artistes, anti-anarchiste, anti…Cette lumière jetée sur le problème est fascinante de par son statut hybride : faux documentaire-vraie fiction, et les deux en même temps. Faux acteurs ? Vrais activistes ? Je ne sais pas, et le jeu continue…dans le parc.
On a là tous les ingrédients qui serviront à faire monter la sauce de la future téléréalité, voyeuriste, manipulatrice, complaisante, simpliste, sans limite avec des séquences de mort en direct, seule limite que la vraie téléréalité n’a pas encore osée franchir. Comment accepter des tribunaux d’exception dans un état de droit, et la privation de droits de citoyens à cause de leurs opinions politiques ? Un tribunal à l’abri des regards, en plein désert, on appellera ça un parc. Parc, où aire de jeu, comme pour les jeux du cirque dans l’Empire romain.
Le trouble que l’on ressent est révélateur, car l’auteur ne cache nullement la manipulation, et les acteurs ne « jouent » pas; on sent qu’il y a de l’improvisation et du manifeste politique là-dedans. Ou alors tout est écrit, et il nous a bien eût. (?) C’est politique comme une prise de position artistique. Et c'est contemporain comme la guerre en Irak, pourtant c’est vieux de quarante ans. C’est chaud comme pour un protest-song rageur, rien n’est démontré, tout est « montré », sans sentiments d’appartenance à un groupe ou un autre ; tout le monde est bourreau et victime, et le spectateur est à peine épargné, en caméra subjective permanente. Pas de suspense qui serait purement artificiel vu les choix esthétiques du réalisateur. A vous de juger !
Pour moi c'est important, et c’est à voir pour toute culture cinématographique correcte.
PS : L’affiche en elle-même est superbe, et résume bien le film.