En prenant une situation réelle : durant la guerre du Vietnam, des américains pacifistes, militants, anarchistes, communistes et féministes dénoncent la violence de leur pays, provoquant des manifestations, se finissant parfois dans la violence. Peter Watkins part de ce fait, pour nous raconter une issue extrême à cette événement, ou Richard Nixon décrète l'état d'urgence. Des tribunaux exceptionnels sont mis en place, jugeant arbitrairement les accusés, mais en leur laissant deux choix : purger une longue peine en prison ou 4 jours au Punishment Park. Ce dernier est un parcours dans une vallée de 85km, sous un soleil de 30/40° sans eau, ni nourriture, pour atteindre le drapeau américain et être remis en liberté.
Sous la forme d'un faux documentaire, le réalisateur militant anglais Peter Watkins dénonce l'hypocrisie et la violence d'un pays, se déclarant "sauveur du monde libre". Il utilise le procédé d'uchronie pour son scénario (prendre un fait réel et créer une fiction), pour mieux développer sa vision de la situation, en le démontrant de manière brute et violente.
Il faut remettre le film dans son contexte, pour bien comprendre son propos. Les USA combattent le communisme et sont embourbés dans la guerre du Vietnam. Le pays se divise en deux, les "pour" et "contre", cette situation. Mais dès que l'on critique les choix du président, on devient forcément un ennemi de son pays.
Les acteurs sont pour la plupart amateurs, cela accentue le côté documentaire. Cette parodie de tribunal, met en opposition de vieux blancs réactionnaires, face à une jeune génération. Un choc des générations, qui ne se comprennent pas et donc, ne peuvent entamer un débat constructif. Les premiers ont le pouvoir et en abusent, les seconds ont juste leurs mots et ils sont souvent vulgaires, ce qui n'arrange pas la situation. Le film alterne les scènes du tribunal sous une tente de fortune, pendant qu'un autre groupe est en plein parcours. Les échanges verbaux, sont plus passionnants, que la course sous le soleil. C'est un peu "marche ou crève", sous cette canicule, avec les policiers à leur poursuite.
C'est un peu ennuyeux, on comprend rapidement ou il veut en venir, surtout 40 ans plus tard, ou la situation n'a pas vraiment évolué. Les noirs sont toujours opprimés et servent de cibles à des policiers, se sentant au-dessus des lois. La Russie est toujours un pays ennemi, malgré une période d'union en apparence. Ce sont toujours de vieux blancs réacs, qui accusent et jugent les personnes qui ne pensent pas comme eux. On le voit aussi en France, avec les Michel Onfray, Alain Finkielkraut, Eric Zemmour ou Manuel Valls, qui dénigrent tout ceux, qui ne sont pas Charlie, sans vouloir comprendre, la raison de ce choix. C'est le même principe : on ne vous écoute pas, vous n'êtes pas Charlie, vous êtes donc forcément des ennemis de la République....Un raisonnement simpliste et contraire, à la liberté d'expression, qu'ils défendent. On retrouve ce comportement dans d'autres pays, ou la démocratie est juste un mot, pas une réalité.
Avec ce film, on constate, que le monde n'évolue pas, sauf dans la technologie, pour rendre notre quotidien plus agréable, tout en surveillent nos vies...C'est intéressant, même si c'est parfois maladroit. Il a le mérite d'exister, de faire réfléchir, mais aussi de voir notre futur, d'un œil négatif. De toute façon, il suffit de regarder ou lire un journal, pour se rendre compte, de la dégradation de ce monde, en chute depuis des décennies.