Dans la pure tradition des films dits d’aventures des années 1950. Plutôt qu’un véritable film d’aventures, il s’agit plutôt d’un film de dépaysement. Il ne faut, en effet, pas s’attendre à un enchaînement de péripéties mais à une histoire se déroulant au Brésil. Si certaines prises de vue en extérieurs remplissent parfaitement le cahier des charges, une grande partie du film, comme c’était l’usage à l’époque, est tournée de façon très visible en studio, ce qui peut gâcher le plaisir de certains. Enfin, à l’instar par exemple d’un Sur la Piste des éléphants ou La Mousson, l’intrigue est, avant tout, bâtie autour d’un canevas sentimental. Mariée à distance, Eleanor Parker vient ici faire la rencontre son mari (Charlton Heston) au cœur de son immense plantation. Toute la première partie repose sur cette rencontre qui n’est pas aussi douce qu’espérée.


Difficile ici d’éviter les grandes scènes de mièvrerie propres à ce type de récit mais les personnages sont suffisamment bien écrits pour que le propos ne soit pas totalement caricatural. Charlton Heston, qui n’est pas encore la star qu’il deviendra bientôt, impose déjà une présence qui crève l’écran. La deuxième partie du récit, quant à elle, nous trimballe dans la jungle puis nous ramène au domaine face aux fameuses marabuntas. Ce n’est pas forcément impressionnant (ce qui n'empêche pas l'invasion d'être visuellement fort réussie pour l'époque) mais le récit est bien conduit. A l’œuvre dans d’autres films d’aventures de ce type mais aussi dans le fameux Guerre des mondes tourné l’année précédente, Byron Haskin sait parfaitement amener les choses et rendre l’ensemble vraiment palpitant.


Ce n’est pas un grand film, certains le jugeront vieillots, mais le résultat vaut quand même plus que ce qu’on peut en lire. C’est un film des années 50 et s’attendre à 1h30 d’invasion de fourmis voraces souligne quand même le peu de connaissances cinématographiques de certains (qui y voient même le navet de Charlton Heston, un comble !). Certaines séquences, pour l’époque, sont bien imaginées et l’histoire est solide. La morale est un peu épaisse mais c’est également la signature des productions de cette époque. Un bon moment même si, à mon goût, la romance est trop envahissante.

Play-It-Again-Seb
7

Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Classement des films que j'ai vus (ou revus) en 2021

Créée

le 21 mai 2021

Critique lue 617 fois

PIAS

Écrit par

Critique lue 617 fois

9
9

D'autres avis sur Quand la marabunta gronde

Quand la marabunta gronde

Quand la marabunta gronde

7

Play-It-Again-Seb

1155 critiques

Romance au pays des fourmis légionnaires

Dans la pure tradition des films dits d’aventures des années 1950. Plutôt qu’un véritable film d’aventures, il s’agit plutôt d’un film de dépaysement. Il ne faut, en effet, pas s’attendre à un...

le 21 mai 2021

Quand la marabunta gronde

Quand la marabunta gronde

7

constancepillerault

2455 critiques

Critique de Quand la marabunta gronde par constancepillerault

Dans la même période que le décevant Secret des Incas, un autre film d'aventures sud américaines -ici au Brésil-pour Heston (toujours avec des décors naturels "locaux"). Ici, on est nettement au...

le 27 oct. 2019

Quand la marabunta gronde

Quand la marabunta gronde

5

blig

357 critiques

Fourmiz

L'histoire se déroule au début du vingtième siècle quelque part au bord des méandres d'un fleuve d'Amazonie. Joanna, une ravissante jeune mariée de la Nouvelle Orléans, débarque à quai et s'installe...

le 23 nov. 2014

Du même critique

Le père Noël est une ordure

Le père Noël est une ordure

9

Play-It-Again-Seb

1155 critiques

Du culte en haut de la cheminée

La comédie est un art difficile et ingrat. Quand elle est ratée ou même moyenne, elle est plus vilipendée que les autres genres, sous prétexte qu’elle est prétendument moins ambitieuse et qu’elle...

le 24 mars 2022

Astérix et le Griffon - Astérix, tome 39

Astérix et le Griffon - Astérix, tome 39

7

Play-It-Again-Seb

1155 critiques

Le retour de la griffe Goscinny-Uderzo

Depuis la reprise de la série par Ferry et Conrad, nos amis gaulois avaient une sacrée gueule de bois. La disparition de René Goscinny avait déjà très sérieusement entamé la qualité des albums même...

le 22 oct. 2021

Terreur aveugle

Terreur aveugle

8

Play-It-Again-Seb

1155 critiques

Bottes de cuir sans chapeau melon

Le sujet de la proie aveugle n’est pas entièrement nouveau puisqu’il a déjà été traité dans, notamment, Seule dans la nuit quelques années plus tôt. Le parti-pris de ce film écrit par Brian Clemens...

le 18 nov. 2022