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le 23 juin 2022
SuivreLe métier de l'escroquerie
Une comédie d'Edouard Molinaro sur un scénario d'Albert Simonin avec des dialogues de Michel Audiard. En 1965. On a déjà une partie du ticket. Il n'est pas impensable qu'on puisse passer un bon...
On pourrait ainsi qualifier ces faisans et ces pigeons, les premiers essayant d'arnaquer les seconds, puisqu'un faisan dans le langage argotique désigne un escroc. Je me souviens d'avoir bien aimé ce film au premier visionnage qui remonte à mes jeunes années, puis revu bien plus tard, je l'avais aimé moyennement, il m'aura donc fallu un autre visionnage hier pour m'apercevoir que au final, c'est pas si mal. Certes, c'est nettement moins bien que les Tontons flingueurs auquel le film fait directement penser, et même que les Barbouzes, ces 2 films de Lautner étant pour moi ses 2 meilleurs dans le style parodique qui était le sien. Mais c'est quand même assez drôle car Molinaro empiète sérieusement sur les plate-bandes de Lautner, et il n'est pas manchot.
C'est une comédie parodique qui justement imite le ton des Tontons... sans en avoir la saveur inégalée, car elle manque de verve et de mordant, malgré les dialogues d'Audiard ; Molinaro n'est pas Lautner, sa mise en scène est bien trop sage et beaucoup moins subtile. Pourtant, on y retrouve pratiquement les mêmes comédiens, certains ont des rôles épisodiques, comme Ceccaldi ou Préboist, d'autres ont des rôles secondaires comme Dynam ou Dalban, car en fait tout tourne autour de Meurisse, Blier, Lefebvre et Serrault qui sont le pivot de cette intrigue fantaisiste ; encore que je trouve Blier un peu sacrifié ici au profit de Paul Meurisse. Avec Lefebvre, il incarne un duo de petits escrocs minables qui croyaient embobiner Meurisse, mais celui-ci est un faisan de haut vol.
En tout cas, débiter du Audiard n'est pas l'apanage que de Gabin, Blier ou Ventura, Meurisse avec sa classe et son raffinement, s'y emploie avec délectation, il donne à son personnage beaucoup de distinction dans un second degré drolissime, d'où le fait que Blier et Lefebvre sont un peu relégués au second plan derrière la joute amusante entre Meurisse et Serrault. Pour Meurisse, l'expérience Audiard fut si intéressante qu'il continuera en 1970 dans le Cri du cormoran le soir au-dessus des jonques, mais ce film avec nos faisans est donc une sorte de défouloir pour le surjeu, c'est un film d'acteurs qui leur permet de donner libre cours à une faconde audiardesque des plus plaisantes.
La comédie évite de justesse la pantalonnade, mais le final est assez comique car ces faisans trouvent plus malins qu'eux ; ça m'a d'ailleurs fait penser au film de Frank Oz, le Plus escroc des deux où Michael Caine et Steve Martin se faisaient entuber par une arnaqueuse plus retorse, serait-il possible que Oz se soit inspiré de notre comédie en question ? , c'est assez troublant, en tout cas, c'est une comédie française typique des années 60, à une époque où elles étaient encore de bonne tenue et sans prétention, qui ne vise qu'à divertir, et ce but est atteint.
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Créée
le 23 sept. 2019
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