La conjoncture autour de ce premier film des Beatles est exceptionnelle parce que le film et l'album arrivent au meilleur moment pour consacrer la gloire d'un groupe mythique. Pourtant, le film est tourné avec un budget réduit, Richard Lester mise sur la fantaisie joyeuse, sur un ton libre, improvisé, loufoque, dans une ambiance nosensique très britannique où les 4 garçons font les fous, ne prennent rien au sérieux, et passent leur temps à déconner, en considérant d'un oeil amusé leurs délires.
Ce n'est pas une comédie musicale avec une intrigue de fond qui sert de fil conducteur, ici, on a l'impression qu'il n'y a pas de scénario, c'est un film passe-partout, un peu foutraque, sans histoire particulière, on se contente de suivre les Beatles dans une succession de situations drôlatiques où ils doivent échapper à des fans hystériques, et avec une grande part d'improvisation, où les chansons sont intercalées plus ou moins habilement ; ça donne une certaine fraîcheur, mais ça ne conduit pas bien loin. Le personnage du grand-père de Paul est un vieil homme pittoresque qui introduit des notes d'humour pas toujours réussies mais amusantes.
Bref, je ne peux pas dire que je me suis ennuyé, mais j'en ai eu vite assez. A l'époque, il y avait un côté impertinent, aujourd'hui ce film est le témoin d'une époque insouciante et révolue, celle du Swinging London des sixties, c'est ce point qui est aussi intéressant, en plus de l'intérêt d'entendre A Hard day's night ou Can't buy me love...