Je découvre le Sorogoyen qui travaille une forme naturaliste, via des séquences en caméra à l'épaule et une captation frontale de la violence.
En résulte un polar très efficace, parvenant à insuffler cette fameuse ébullition à l'écran, grâce au talent de mise en scène et de montage du cinéaste espagnol. Mais surtout, grâce à une direction de comédiens phénoménale (plutôt marrant d'ailleurs de déjà y voir Luis Zahera, l'antagoniste inoubliable d'As Bestas).
Le tandem de flics est probablement la meilleure idée de l'œuvre, avec des caractérisations étonnamment ambiguës. Reflétant non seulement les maux qu'ils pourchassent eux-mêmes chez ce tueur en série, mais soulignant également toute l'anarchie organisationnelle bouillonnant au sein de la police. Un jeu de miroir passionnant, pouvant être décomposé sous de nombreux prismes.
Il y a quand même quelques grosses faiblesses d'écriture, et une complaisance assez embarrassante lors de certaines scènes (en particulier dans la deuxième heure). On regrettera toutes ces facilités dans l'avancée de l'enquête, en plus de 2-3 incohérences, qui rendent la découverte du coupable assez artificielle.
Des défauts estompés par les fulgurances indiscutables du long-métrage, et notamment cette confrontation finale, qui annonce l'éclosion d'un futur grand cinéaste...
6,5/10
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