Queer
5.8
Queer

Film de Luca Guadagnino (2024)

Avec Queer, Luca Guadagnino tente de retranscrire sur grand écran l’un des romans hallucinés de William S. Burroughs, figure emblématique de la Beat Generation.


Pour mettre en scène cette histoire sous psychotropes, Guadagnino propose une narration entrecoupée de désirs inassouvis et d'hallucinations, multipliant les effets visuels. Il suit les tribulations nocturnes et solitaires d’un Daniel Craig errant, autant dans les rues perdues du Mexique que dans ce paysage cinématographique. L’acteur incarne une soif de vie destructrice, énergie unique insufflée par la Beat Generation dans la période d’après-guerre. Comme à son habitude, le réalisateur éveille les sens, notamment le touché. Il passe du sexe cru à la sensualité, atteignant son paroxysme dans une chorégraphie hypnotique entremêlant les chaires.


Guadagnino trouble l’interprétation par une effervescence de ressentis, physiques, visuels et psychologiques. Des musiques anachroniques contribuent à cet égarement volontaire, dont les paroles résonnent au fil de l’histoire.


L'apparition même du seconde personnage, Eugène, a l’effet d’un mirage. Physique lisse, taciturne et insondable, il s’oppose à Lee, transpirant, expansif et fière. Eugene ne cesse d’attiser le désir qu’éprouve Lee à son égard, sans jamais lui permettre d’étancher sa soif. Lee tente de combler cette avidité dans un mélange de sexe et de drogues excessif. De la frustration des deux personnages, Guadagnino en tire une obsession suave et ravageuse.


Ces plaisirs violents ont des fins violentes. Dans leurs excès ils meurent tels la poudre et le feu, que leur baiser consume. Roméo et Juliette, William Shakespeare.
katell-lm
8
Écrit par

Créée

le 7 mars 2025

Critique lue 12 fois

katell-lm

Écrit par

Critique lue 12 fois

D'autres avis sur Queer

Queer

Queer

7

Yoshii

252 critiques

The Formalist

A sa manière, et c’est probablement ce qui divise dans son cinéma, Guadagnino œuvre toujours à la frontière de l’impressionnisme, cherchant à imprégner l’imaginaire plus que le conscient, développant...

le 26 févr. 2025

Queer

Queer

8

cadreum

1032 critiques

L'obsession et le désir en exil

Luca Guadagnino s’empare de Queer avec la ferveur d’un archéologue fou, creusant dans la prose de Burroughs pour en extraire la matière brute de son roman. Il flotte sur Queer un air de mélancolie...

le 14 févr. 2025

Queer

Queer

5

Cinephile-doux

8116 critiques

Sexe, drogue et télépathie

Nul doute que la lecture de Queer, le roman autobiographique de William S. Burroughs, a fortement marqué Luca Guadagnino, alors adolescent. En recréant le Mexico des années 50 et la jungle...

le 25 janv. 2025

Du même critique

Anna

Anna

2

katell-lm

24 critiques

La meilleure amie de Lucy s'appelle malheureusement Anna

Il y a toujours ces films que l’on adore regarder encore et encore, et il y a Luc Besson, qui arrive à nous resservir la même histoire dans des films différents. 
 On l’avait compris depuis...

le 22 sept. 2019

Love Lies Bleeding

Love Lies Bleeding

7

katell-lm

24 critiques

L'amour ou la loi du « no pain no gain »

Avec Love Lies Bleeding, Rose Glass se joue de la frontière entre l’amour et la haine. Les relations qui lient ses personnages, toujours passionnelles, éclosent et s’épanouissent dans une violence...

le 24 juin 2024

Portrait de la jeune fille en feu

Portrait de la jeune fille en feu

9

katell-lm

24 critiques

Portrait de la jeune fille en feu ; l'un des plus grands tableaux du cinéma

Portrait de la jeune fille en feu s’ouvre sur le portrait de son peintre, regard noir et profond qui semble marqué, quelque peu désemparé par la présence de ce tableau raviveur de souvenirs, dans sa...

le 22 sept. 2019