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The Formalist
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le 26 févr. 2025
Avec Queer, Luca Guadagnino tente de retranscrire sur grand écran l’un des romans hallucinés de William S. Burroughs, figure emblématique de la Beat Generation.
Pour mettre en scène cette histoire sous psychotropes, Guadagnino propose une narration entrecoupée de désirs inassouvis et d'hallucinations, multipliant les effets visuels. Il suit les tribulations nocturnes et solitaires d’un Daniel Craig errant, autant dans les rues perdues du Mexique que dans ce paysage cinématographique. L’acteur incarne une soif de vie destructrice, énergie unique insufflée par la Beat Generation dans la période d’après-guerre. Comme à son habitude, le réalisateur éveille les sens, notamment le touché. Il passe du sexe cru à la sensualité, atteignant son paroxysme dans une chorégraphie hypnotique entremêlant les chaires.
Guadagnino trouble l’interprétation par une effervescence de ressentis, physiques, visuels et psychologiques. Des musiques anachroniques contribuent à cet égarement volontaire, dont les paroles résonnent au fil de l’histoire.
L'apparition même du seconde personnage, Eugène, a l’effet d’un mirage. Physique lisse, taciturne et insondable, il s’oppose à Lee, transpirant, expansif et fière. Eugene ne cesse d’attiser le désir qu’éprouve Lee à son égard, sans jamais lui permettre d’étancher sa soif. Lee tente de combler cette avidité dans un mélange de sexe et de drogues excessif. De la frustration des deux personnages, Guadagnino en tire une obsession suave et ravageuse.
Ces plaisirs violents ont des fins violentes. Dans leurs excès ils meurent tels la poudre et le feu, que leur baiser consume. Roméo et Juliette, William Shakespeare.
Créée
le 7 mars 2025
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