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Deux invertis se rapprochent en ingérant une mixture à base d’une plante hallucinogène.
Queer se présente comme une exploration labyrinthique des méandres de l'âme humaine, naviguant avec une certaine nonchalance entre onirisme lynchéen et réalisme cru. Le réalisateur, visiblement épris de digressions et d'ellipses narratives, nous convie à un voyage sinueux où la liane interlope des désirs inavoués s'entrelace avec la crudité de quelques batifolages explicites.
Néanmoins, l'absence de fil conducteur du récit tangible laisse un goût d'inachevé, et les cent quarante minutes du métrage s'étirent parfois avec une certaine langueur, mettant à rude épreuve la patience du spectateur. Les trois chapitres, d'une qualité indéniablement déséquilibrée, oscillent entre des moments de grâce visuelle et des séquences plus obscures, voire hermétiques.
Par contre, il convient de saluer la performance magistrale de Daniel Craig, qui s'éloigne avec une audace salutaire de son image de James Bond viril. Il incarne avec une pathétique intensité un homme en quête d'amour désespérée, égaré dans les limbes de ses propres tourments. Sa prestation, tout en nuances et en subtilités, constitue sans conteste le point d'orgue de ce métrage.
Bref, c’est une œuvre clivante, qui ne laissera personne indifférent. Oscillant entre le sublime et le déroutant, elle interroge avec une certaine audace les frontières de l'identité et du désir. On regrettera toutefois que le metteur en scène n'ait pas davantage exploré les divagations oniriques, qui rappellent par instants l'univers de David Lynch, et n'ait pas su insuffler une plus grande cohérence narrative à son ambitieux projet.
Créée
le 25 mars 2025
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