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The Formalist
A sa manière, et c’est probablement ce qui divise dans son cinéma, Guadagnino œuvre toujours à la frontière de l’impressionnisme, cherchant à imprégner l’imaginaire plus que le conscient, développant...
le 26 févr. 2025
Dans un Mexico des années 50 dont les éclairages sont plus flatteurs que les décors crasseux, William Lee s'éprend d'Allerton dès le premier regard. Mais ses étreintes ne suffisent pas à emplir la vertigineuse solitude de Lee. Il faut dire qu'Allerton s'adonne sans se donner. La sobriété du jeu et l'économie de dialogue accentue encore le vide ressenti. Lee en quête obsessionnelle de réciprocité de la part de son amant va l'entrainer dans une expérience psychédélique au yagé en Equateur. C'est sans doute la scène la plus surprenante du film. Au lieu de se jouer de serpents cosmiques bariolés, comme avec Jan Kounen, Guadagnino propose un trip qui tient davantage de la danse contemporaine. Des corps enchevêtrés comme dans un tissu organique commun et une étrangeté qui se passe d'effets spéciaux baroques. Une réussite de sobriété et de beauté!
Les dernières scènes du film figurent l'esprit de Burroughs, de son histoire personnelle à ses narrations halucinatoires. La représentation vire au surréalisme, le temps et l'espace sont abolis au profit du symbolique.
L'esthétique, Luca Guadagnino l'a voulue Hopperienne, comme pour enfoncer le clou de la vacuité, les éclairages sont travaillés dans un décor théâtral presque irréel qui font penser à "Querelle" de Fassbinder. On croise quelques autres références cinématographiques: de Jean Marais traversant le miroir dans Orphée à la racine de yagé qui prend des airs d'os volant dans "2001...".
De manière générale, le film exprime mieux qu'aucun cette solitude inhérente aux relations clandestines, passionnelles mais incertaines et asymétriques.
Créée
le 12 avr. 2025
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