Le cinéaste suit pendant près de 5 ans une bande de lycéens, les filme de très près, et les observe, les voit grandir, s'interroger sur le monde, sur l'amour, sur l'avenir. Le film de près de 4 heures est un savant travail de montage, car il parvient à rendre compte de grands blocs de temporalités et ne donne pas du tout l'impression de réaliser une performance. Le film n'est pas sans défauts, ni sans longueurs, mais l'ensemble est d'une telle force, d'une telle beauté, et nous donne à voir des adolescents dans toute leur compléxité avec un tel souci de réalité, que je ne peux qu'être emporté par l'ampleur du projet. J'aime beaucoup l'idée que Trueba ne choisisse jamais entre le documentaire et la fiction, sans que le spectateur ne sache jamais vraiment ce qu'il est en train de voir, sans que cela ne le gène, mais pire encore, sans qu'il ne se pose jamais la question de devoir trancher entre les deux, la force du cinéma l'emportant sur cette catégorisation.