J'ai du mal à aimer sincèrement Rain Man qui est à la fois une œuvre qui à le mérite de faire entrer la question de l’autisme dans la conscience collective, mais aussi une mécanique narrative qui utilise la différence comme un outil scénaristique parfois discutable.


Bon le scientologue nous livre quand même une jolie prestation, en fait je crois qu'avant il était vraiment fait pour jouer le jeune petit con détestable. Mais ça ne veut pas dire que son personnage est formidable, loin de la. Ça reste pour autant un personnage dont le parcours est balisé depuis le début et qui suit le fil conducteur attendu. Le schéma de l'homme manipulateur au début, qui s'attache et finit par changer sa mentalité, c'est pas nouveau, même en 1988.


En revanche pour Hoffman je ne pense pas vraiment que son interprétation soit le problème, mais plutôt que les américains se vautrent toujours dans l'écriture de leurs personnages neuro-atypiques. Alors je vous rassure, ils ont pas fait pire que Hapinness Therapy (qui ne saisit honteusement pas ce qu'est la bipolarité), mais ça reste quand même hyper stéréotypé étant donné que son autisme est réduit à des tics et répliques.


Et je pense que ce qui me pose le plus problème avec le film, c'est qu'il est obligé de rajouter des "bénéfices" à son autisme. Ainsi ils le font devenir un génie du calcul mental capable de retenir l'annuaire ou de compter 246 cure-dents en une seconde et le scénario glisse dangereusement vers le sensationnalisme.


Mais le pire reste que le film aliène une seconde fois le personnage : il n'est plus seulement exclu par sa condition, il est fétichisé pour ses capacités extraordinaires. En gros il faut qu'ils aient un don, une utilité du genre gagner du fric au casino, pour être accepté dans la société, au lieu de simplement traiter une réalité plus complexe mais que le monde soit saisir.


C’est d’ailleurs justement le ressort du film, au moment où Tom Cruise commence à aimer son frère, c'est justement quand il cartonne au blackjack. Comment tu veux que je prenne au sérieux son attachement si il est financier, ce qui était du coup le cas au début du film… Où est ce qu'elle est ton évolution ? Ton amour pour ton frère ? Il est totalement factice et la vilenie de Cruise demeure en fin de compte immuable.


Je ne sais pas si j’ai vraiment beaucoup de choses à dire si ce n’est que de manière générale le film tend à tomber dans le pathos larmoyant et la mièvrerie.


Néanmoins si je calme mes aigreurs, ça reste une œuvre intéressante, qui a au moins osée, et qui se regarde pas trop mal, pour qui n’attend rien de surprenant.


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il y a 8 jours

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