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le 19 nov. 2017
SuivreCharme d'Antan
Il est d'abord surprenant de découvrir le nom du jeune Ang Lee derrière ce projet d'adaptation de Jane Austen, lui qui n'avait alors que trois films taïwanais à son actif, et on se rend vite compte...
Sœurs désargentées par un héritage patrilinéaire inique, écartelées entre la fougue impulsive de l'une et la retenue stoïque de l'autre, naviguent les écueils matrimoniaux d'une Angleterre géorgienne impitoyable envers les femmes dépourvues de dot.
Il faut bien l'admettre, non sans une certaine réticence : le métrage cède trop souvent à une idéalisation d'une fadaise confondante, où les personnages masculins, loin d'incarner cette vigueur romanesque qu'on eût pu espérer, se révèlent ternes et falots, dépourvus de ce relief psychologique qui eût justifié les tourments amoureux de ces demoiselles.
Même sans fréquentation préalable de l'ouvrage source, l'écart visuel entre l'incarnation d'Elinor par Emma Thompson et la figure attendue d'une jouvencelle en quête d'un établissement matrimonial, dans le contexte économique si précaire de l'époque, ne manque guère de frapper l'œil le moins exercé. La maturité manifeste de l'actrice, son port assuré, créent un contraste saisissant avec la juvénilité de ses partenaires, qu'il s'agisse de la cadette incarnée avec fraîcheur ou du soupirant insignifiant campé par un acteur alors débutant — disparité qui ébranle quelque peu la vraisemblance de l'ensemble.
Pour l’observateur de notre siècle, rompu à des architectures narratives plus audacieuses, les péripéties sentimentales et les dénouements de cette fresque répondent avec une docilité scolaire aux canons les plus éculés de la comédie romantique traditionnelle, n'offrant que fort peu de surprises à qui s'y aventure. Ces atermoiements amoureux, disséqués avec une minutie, confinent par instants à une langueur profonde, tant la mécanique affective s'y révèle prévisible jusqu'à l'excès.
On regrettera également que les relations amoureuses, pierre angulaire pourtant de tout le dispositif dramatique, peinent à emporter une adhésion pleine et entière, leur développement paraissant parfois expédié, insuffisamment étayé pour convaincre pleinement de la sincérité des sentiments dépeints.
Au terme de cette confrontation critique, c'est sans grande hésitation que l'on recommandera à qui souhaiterait découvrir cette œuvre de lui préférer l'adaptation de 2026, laquelle corrige, semble-t-il, plusieurs des écueils ici relevés.
Bref, un film honorable dans son intention, soigné dans sa facture visuelle, mais dont l'idéalisation excessive et la prévisibilité sentimentale en ternissent l'éclat, le reléguant au rang d'exercice de style plaisant sans jamais atteindre la grandeur romanesque espérée.
Cet utilisateur l'a également ajouté à sa liste Les meilleurs films primés aux Golden Globes
Créée
le 11 oct. 2026
Critique lue 16 fois
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