Une très bonne surprise que ce film anglais du début des années cinquante signé Charles Crichton à qui l’on doit déjà bon nombre de films intéressants (De l’or en barre, Un poisson nommé Wanda par exemple) et qui est un digne représentant de Sa Majesté. On sent tout au long l’influence de Losey et de son Garçon aux cheveux verts à travers des cadrages, des jeux de lumière et surtout des similitudes d’histoire (cet enfant marginal qui préfère suivre un meurtrier plutôt que de rentrer dans son inhospitalier foyer d’accueil). La composition de Dick Bogarde en homme atteint par le destin et qui lutte désespérément pour y échapper jusqu’à l’inéluctabilité finale est magnifique, celle du jeune Jon Whiteley est à la hauteur et tous deux forment un duo fascinant que l’on n’est pas prêt d’oublier. Le scénario est d’une intelligence rare, très travaillé et faussement linéaire, la direction d’acteurs est parfaite et la mise en scène sans reproches, précise et directe. À voir…