Rashomon, film de 1950, réalisé par Akira Kurosawa
Titre original: Rashomon (Film japonais)
résumé: A Kyoto, sous la porte de Rasho (Rashomon en japonais), pour patienter en attendant que la pluie cesse de tomber, un bûcheron raconte à un passant le jugement auquel il vient d'assister et durant lequel il a du témoigner. Ce jugement a eu pour lui une dimension tout à fais spécial, car il s'agissait du jugement de Tajomaru, le célèbre bandit, jugé là pour le viol d'une femme et le meurtre de son mari. Hors Tajomaru, la femme, et le mari lui même (dont l'âme a put témoigner grâce aux incantations d'une voyante), ont tous les droits donnés des versions totalement différentes des déroulements des faits. Et là où l'histoire devient encore plus étrange et incompréhensible, c'est que d'après le bucheron, les trois ont mentis. Il avoue en effet au passant n'avoir pas tout dis au juge, et en particulier n'avoir pas dit qu'il avait été lui même témoin de la scène, et pour soulager sa conscience et car la pluie n'a toujours pas cessée de tomber, il dévoile son quatrième témoignage, lui aussi totalement différent des trois précédents.
casting
Toshirô Mifune: Tajomaru
Machiko Kyô: Masako
Masayuki Mori: Takehiro
Takashi Shimura: le bucheron
Minoru Chiaki: le prêtre
Kichijiro Ueda: le passant
critique:
Film ayant lancé la carrière mondiale de Akira Kurosawa et fait connaitre un peu plus le cinéma japonais dans le monde entier en remportant le Lion d'or du vestival de Venise en 1951, Rashomon est l'une des oeuvres majeures de celui qui aujourd'hui encore est considéré comme le plus grand cinéaste nippon ayant existé. Et ce film témoigne encore d'une manière excellente du génie de ce géant du cinéma. Tant par la mise en scène que par l'utilisation des lumières et contrastes et que par la qualité de l'image en elle même, ce film n'a pas vieilli d'un poil, servi de surcroi par un sujet qui est encore d'actualité aujourd'hui, et qui risque de l'être pendant un bon bout de temps encore.
Comme je le disais, la mise en scène est admirable, d'une grande fluidité dans le mouvement de la caméra et est de plus étayée par un montage plus que potable. Le jeu de lumière vient se rajouter pour donner un résultat plus que satisfaisant. La blancheur de la robe et de la peau de Masako, symbolisant la douceur de la femme (ce qui créera donc une grande opposition avec le fait qu'elle ait put demander un duel à mort entre son mari et le bandit), contraste aussi énormément avec la noirceur de la forêt et des habits de Tajomaru et Takehiro, présentés l'un comme un brigand et l'autre comme un samouraï, donc tous les deux comme des hommes de combat. D'ailleurs, le bûcheron comme le bonze seront d'accord, en abordant la version de la femme sur cette affaire, pour dire que personne en la voyant n'aurait put soupçonner un seul instant que cette femme puisse mentir ne serait-ce que sur un point même le plus futile de son histoire. Ce film joue donc pour une grande part sur les contrastes entre le noir et le blanc, et pourtant, c'est le noir qui est largement mis en avant, et en particulier le noir habitant l'âme humaine. Car ce film apporte aussi un très fort message humaniste, et Akira Kurosawa pose un regard des plus pessimiste sur l'homme et ce qu'il est devenu. Les hommes d'après lui ne vivent que pour leur honneur, leur amour propre, et même une fois mort, continuent à n'avoir qu'une idée en tête: celle de protéger l'image que l'on peut avoir d'eux, sans avoir une petite once de charité pour les autres. Le bonze incarne donc d'une certaine manière la projection dans le film de la pensée de Akira Kurosawa, qui a perdu toute foi en l'espèce humaine. Cependant, une note d'espoir est attribuée à la fin lorsque les trois hommes découvrent un bébé abandonné: le bûcheron fini par ramener le nourrisson chez lui, malgré sa pauvreté, égayant quelque peu le bonze. Oui, il peut y avoir des facette bonnes à cet être humain qui semblait jusque là n'avoir que des tares.
Tout ce film et sa thèse sont magnifiquement portés par l'ensemble des acteurs: Toshirô Mifune en tête, qui était l'acteur fétiche de Kurosawa, et dont la carrière internationale sera lancée grace à ce film et à la prestation grandiose qu'il y donne du bandit Tajomaru. En plus donc de lancer les carrières mondiale d'Akira Kurosawa et de Toshirô Mifune, et d'ouvrir le cinéma japonais au reste du monde, Rashomon réconciliera le réalisateur avec son public national, en brisant une suite de films s'étant révélés de moins bonnes qualité que ses premiers. A partir de là, Akira Kurosawa ne decevra plus son publc devenu mondial, et s'il se sépara quelques films plus tard de Toshiro Mifune, ce fut là la seule chose regrettable de sa fin de carrière.
critique écrite par Tagazok
ma note: 15/20