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Critique de Rasta Rockett par Davril
"Un type fier ! Un type fort ! Un type qui peut être très méchant quand il a la haine et qui n'accepte pas qu'on lui marche sur les pieds !"
le 14 oct. 2010
L’histoire de "Rasta rockett" vous paraît un peu trop dingue pour être vraie ? Oui et non… Il suffit de se pencher sur les équipes en lice pour les Jeux Olympiques d’hiver de Calgary en 1988 pour constater qu’une équipe jamaïcaine de bobsleigh a effectivement existé. Ça, c'est pour le oui. A la différence près que le film s’inspire librement des faits réels, reprenant toutefois quelques faits avérés. Ça, c'est donc pour le non, toutefois accompagné de réserves.
Comédie culte des années 90, "Rasta rockett" nous raconte l’histoire de quatre jamaïcains qui n’ont pas froid aux yeux, poussés comme jamais par l’envie irrépressible de participer aux Jeux Olympiques pour lesquels certains d'entre eux semblaient promis. Et comme la plupart des films basés vaguement sur la réalité, "Rasta rockett" n’est pas exempt de quelques défauts : le doublage français n’est pas toujours raccord avec les mouvements mandibulaires, les quatre garçons vedettes ne sont pas ou peu expérimentés et ça se voit (à l’exception de Doug E. Doug), l’arrogance des meilleurs athlètes de la discipline a été stigmatisée au point d’en faire un cliché (non seulement c’est un fait inventé de toute pièce mais c’est en plus contraire à l’esprit olympique), les moqueries ont été poussées à la caricature, les bons sentiments prennent le dessus sur la colère (séquence de la protestation contre la disqualification), les dialogues et gags sont parfois niais… mais qu’est-ce que c’est drôle !!!
Eh oui, quand les bonnes vieilles recettes de la comédie ont été associées à une équipe atypique, ça ne peut être qu’hilarant. D’autant plus qu’il n’est pas courant qu’on nous propose un film sur le bobsleigh, et que le public se montre très curieux de voir ce que donnent des jamaïcains dans un milieu auquel ils ne sont absolument pas habitués. La curiosité : c’est là qu’est le piège qui s’abat sur le spectateur. Immanquablement, on chope la « Cooooool raaaastaaaa !!! » attitude ! Osez dire le contraire !
En fait, "Rasta rockett" est bon comme du bon pain à l’ancienne. Certes les jeunes acteurs sont relativement maladroits, mais qui ne le serait pas dans son premier rôle (ou presque) ou dans un sport qui n’existe pas dans son propre pays et qui, de ce fait, n'a jamais été pratiqué ? La rigolade vient quand même très tôt, dès lors qu’on parle de glace à un jamaïcain ! Ben tiens ! La température sur l’île est comprise entre 21 et 33 degrés tout le long de l’année… alors question froid… il y a de quoi refroidir plus d’un jamaïcain !
Déjà c’est Doug E. Doug qui s’en sort le mieux point de vue interprétation. D’abord parce que c’est bien lui le plus expérimenté des quatre, mais parce que le rôle colle merveilleusement à son faciès de joyeux luron. C’est d’ailleurs par lui que la majeure partie des rires va être déclenchée. Son personnage va se retrouver associé un peu malgré lui à trois coéquipiers avec qui il n’a rien en commun (si on ne tient pas compte de l’amitié qui le lie à Derice). Taillé comme un fil de fer, lui est cool, doté d’un ego surdimensionné, bavard comme un moulin à paroles, et rasta jusqu’au bout de ses dreadlocks. Sous sa coupe plus ou moins en brosse, son pote Derice (Leon Robinson) a plus un physique à la Usain Bolt (en moins grand) sauf que, en dépit de ce qu’on veut nous faire croire, il n’a dans les faits ni la foulée ni la vitesse d’un grand champion. Malgré tout, il est en passe de se qualifier pour les prochains Jeux Olympiques d’été. Seulement le destin va en décider autrement, et sceller son destin avec Junior et Yul. Le plus petit de la bande, Junior (Rawle D. Lewis) est un gars timide, terriblement en manque de confiance (et d’assurance, cela va de soi). A l’inverse, Yul (Malik Yoba) a un physique qui en impose, il le sait et n’hésite pas à s’en servir pour jouer de son pouvoir d’intimidation accru par son crâne rasé à la Yul Brynner. Vous voyez un peu le tableau ? Oui, je sais : quand on les regarde séparément, on ne les imagine pas du tout ensemble pour une seule et même cause, même en connaissant leurs vœux les plus profonds tous différents les uns des autres.
Alors pourquoi ne pas associer un cinquième personnage au physique et au caractère là aussi différent ? Eh bien oui, il faut bien un coach, et c’est dans les kilos en trop d’Irvin (John Candy) qu’on va le trouver. Et quand on regarde à nouveau le tableau, on est tous persuadés que rien ne va fonctionner. Et encore moins si nous devions avoir en face de nous de tels personnages réels, et c’est en partie là que les risées prennent leur sens. Bah il faut être honnête hein ! Vu ainsi, les gars n’ont aucune chance.
Mais voilà : contre toute attente, ça fonctionne (ah ! la magie du cinéma !). Et le spectateur va prendre rapidement en sympathie tous ces jeunes jamaïcains comme s'ils devenaient nos potes, ainsi que leur coach pourtant plus que l’ombre de l’immense champion qu’il a été. Il faut dire que très tôt la musique de Hans Zimmer et les fanfaronnades de Sanka opèrent. Et c’est ainsi qu’on se laisse embarquer dans cette comédie placée sous le signe de l’hilarité, faisant même oublier les faits tels qu’ils se sont réellement déroulés.
Chez les spectateurs il est de coutume de critiquer un film (voire de l’éreinter) quand il ne respecte pas les faits tels qu'ils se sont déroulés. Mais là, par je ne sais quel miracle, on s’en fiche. Enfin si je sais : on se marre ! Les entraînements donnent matière à rire, et il n’y a qu’à voir les têtes quand le quatuor opère ses premières descentes sur son engin de fortune : impossible de ne pas éclater de rire quand on voit les vibrations secouer dans tous les sens la tête du pilote mis en gros plan pour mieux voir ses yeux exorbités. Non, franchement, il y a plein de petits gags et de petites répliques qui font tout le charme de cette comédie à la fois parfaitement imparfaite et imparfaitement parfaite, comme lorsqu’on voit les champions se faire octroyer leur engin de course aux airs de vieille bouteille de gaz.
"Rasta rockett" est donc un divertissement idéal pour vous changer les idées. Dépêchez-vous avant que votre grand-père ne vous dise à vous aussi : « reprenez le boulot ! ». Ce à quoi vous ne manquerez pas de répondre « oui, man ». Alors pour mettre fin à cette fête d’1h45, quoi de mieux que de terminer par « I can see clearly now », un des plus célèbres titres de Jimmy Cliff ? Un classique de la comédie qu’il faut absolument posséder dans sa vidéothèque, tant il fait du bien, et qu’on aura plaisir à voir, revoir et rerevoir. Inaltérable.
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le 26 févr. 2021
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