Trop de foundfootage tue le foundfootage.
Tout d’abord, j’ai toujours du mal avec l’idée que quelqu’un qui tente de sauver sa vie s’encombre d’une caméra et filme sa fuite. Ensuite, la prise de vues caméra à l’épaule fait que ça bouge en permanence et que ça bouge trop pour créer de la tension ; le regard n’a pas le temps de se poser sur les éventuels recoins sombres ou ombres furtives qui passent près des protagonistes.
Entre huis clos et home invasion inversé (des intrus n’essaient pas d’entrer dans une maison, ce sont les personnages qui essaient de sortir d’un lieu clos), je trouve le film assez réaliste, avec des personnages relativement crédibles (un tantinet vindicatifs, un peu individualistes, pas tous courageux, avec des réactions à peu près « normales » et des prises de décisions pas systématiquement idiotes comme dans certains films d’horreur). Cependant, les personnages manquent un peu de capital sympathie et l’empathie pour ces confinés n’est pas au rendez-vous. De plus, étrangement, certaines portes d’appartement restent ouvertes mais les contaminés, à la cervelle zombifiée, n’ont pas l’esprit de sortir visiter les lieux.
Malgré la toute la bonne volonté des survivants, ce petit monde est un à un virussé, et ne restent que nos deux journalistes, professionnels, qui ne sont jamais départis de leurs missions d’investigation et d’information. Le cameraman, qui a eu l’intelligence de garder son matériel (ou voici comment justifier le foundfootage), semble sur le point de les sauver grâce à la fonction infrarouge de sa caméra. Et l’histoire, qui commençait à devenir un peu ennuyeuse, prend une tournure inattendue : REC est le premier film où la bande-annonce révèle la fin. Infectés 1 – humains 0.
Pas forcément convaincue pendant le visionnage, la fin du film a changé mon impression générale.