Davantage habitué aux blockbusters de fin du monde hollywoodiens, j'ai eu du mal face à cette production espagnole. Entre un jeu d'acteurs limité, faisant très amateur, les hurlements continuels, et une caméra à l'épaule qui donne plus la nausée qu'elle ne crée de tension, je n’ai pas cru à cette histoire de zombies.


Pour instaurer une vraie terreur, un film d'horreur a besoin de silence, d'attente, de respiration, pour ensuite être saisi par l’épouvante. Ici, l'agencement anarchique des situations et la surenchère sonore saturent l'attention. Si l'on compare [REC] à un autre pilier du found footage comme Paranormal Activity, certes sorti deux ans plus tard, ce dernier réussit justement à instiller une angoisse en misant davantage sur les silences et l’attente anxiogène.


[REC] a été involontairement comique pour moi. Les réactions aberrantes des protagonistes m'ont plus fait rire qu'autre chose : la journaliste, par exemple, semble surexcitée par les événements pendant les trois quarts du film alors que n'importe quel humain rationnel éteindrait le matériel depuis bien longtemps pour concentrer toute son énergie pour sauver sa peau. Je veux bien qu’on puisse y lire une extase journaliste du reportage sensationnel mais je n’y crois pas une seconde dans ce film, avec un jeu d’acteur trop caricatural.


À cela s'ajoute une part d'appréciation très personnelle pour un film "qui veut faire peur" (argument débile mais si la promo du film semblait jouer là-dessus) : les monstres et les zombies ne me font pas vraiment peur, étant plutôt du genre à être terrifié par les histoires d'esprits par exemple. La tentative d'explication finale sur l'origine du mal reste d'ailleurs particulièrement confuse.


Tout n'est pas à jeter pour autant. Si le film échoue sur le terrain de la peur, sa surcharge mentale produit un effet secondaire réussi : un sentiment d'oppression permanent. L'enfermement dans cet immeuble poisseux fonctionne et le piège claustrophobique se referme efficacement sur le spectateur. [REC] reste donc une expérience sensorielle éprouvante, mais davantage par son hystérie ambiante que par sa capacité à véritablement terrifier.


OG_LOC
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il y a 6 jours

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