Sean Baker réussit à dépeindre avec subtilité un personnage exécrable. Ainsi, et malgré le côté "over the top" de ses personnages, Red Rocket est loin d'être un film caricatural. On découvre lentement les personnages et leur historique pour comprendre ce qui se joue : c'est particulièrement le cas de la dimension abusive de Mickey, en particulier vis-à-vis des femmes.
Je pense notamment au récit qu'il fait de sa relation avec Lexi, qu'on devine être au moins partiellement un mensonge, et le point d'orgue final de son expulsion de la ville, qui semble aussi orchestrée pour protéger Lexi et sa mère.
Un des thèmes majeurs en est évidemment la prédation, caractérisé par sa relation avec la jeune Strawberry, phantasme tissé de mensonges (autre thématique principale, admirablement soulignée par une réalisation naturaliste ponctuée de plans vraiment étonnants) qui semble devoir conduire à la même fin que son histoire avec Lexi.