Red rocket...sortie en 2022 et nouveau film réalisé pas Sean Baker...à qui l'on doit les superbes "The Florida Project" et "Tangerine"....c'est une tornade cinématographique pleine d'opposition et de contradiction...une allégorie de l'oxymore...de la dichotomie...de l'opposition....
De part sa démarche artistique...entre cette image granuleuse et nette...ses plans larges élégants et jeux de zoom/dézoom laid...ses cuts plein d'amateurisme et d'autres extrêmement intelligent...sa musicalité adolescente à coût de boys-band et ses sonorités environnementales naturelles et épurées...
De part sa démarche narrative...légère dans propos principal et lourde dans sa narration environnementale...l'histoire d'une ex star du porno souhaitant retrouver une seconde jeunesse et l'Amérique désœuvrée...usée...socialement déclassée ici dépeinte...cette cette rencontre entre un quaranteraire magouilleur...égoïste...menteur...et une jeune adolescente...naïve...sincère dans ces sentiments et totalement désintéressée...cette allusion au monde du cinéma pornographique hollywoodien et sa misogynie opposée à cette environnement texan étrangement dominé par des femmes...
De part son environnement...Texas-city...ville rurale où l'industrie pétrolière juxtapose maisons...restaurants...commerces...club de strip-tease...entrepôts à l'abandon et San Léon...petite bourgade champêtre...où pousse de jolies maisons rose en bois...
De part son contexte chronologique...les récentes élections américaines...entre Trump...son fantasme d'une renaissance industrielle et Clinton...son envie d'équité sociale...
De part sa démarche émotionnelle...entre empathie pour le protagoniste principal au vue de ses péripéties et dégoût vis à vis de sa capacité à profiter des autres à son crédit...
De part sa démarche cinématographique...débutant sur une comédie couillone...pour se terminer en drame social...débutant sur une introduction explicite...pour se terminer sèchement sur une fin à libre interprétation...
De part sa métaphore de la vie...où le l'irréel se voit confronté au réel...où l'onirisme se voit confronté au pragmatisme...où la joie se voit confronté à la tristesse...où la richesse se voit confronté à la pauvreté...où l'enchanteur se voit confronté à la médiocrité...où le bien se voit confronté au mal...où le futur se voit confronté à l'immédiateté...où l'espoir se voit confronté au désespoir...où l'amour se voit confronté à la haine...où le frontale se voit confronté au non-dit...dans une tornade cinématographique de moins de 2h...dont on ne ressort pas indemne...entre amusé et attristé...misant autant sur le fond que la forme...à l'instar des autres œuvres de ce même réalisateur...visionnaire d'une Amérique trop souvent laissée sur le côté...fort et percutant.......