C’est un peu comme un vieux t-shirt trop large qu’on garde quand même parce qu’on y est attaché. Looongtemps, j'ai gardé un vieux pull de Sonic, comme une relique de ma fin d'adolescence et c'est ce même sentiment que je partage avec cette licence...
Avec ce film, je ne m’attendais pas à un chef-d’œuvre, juste à retrouver cette ambiance si particulière, ce mélange d’humour absurde et de tendresse molle entre deux potes paumés. Et je l’ai eu. Pas autant que dans la série, mais suffisamment pour que ça me réchauffe le coeur.
C’est clairement un film pour les fans. Pas un film qui veut séduire les foules ou aller chercher plus loin que son cœur de cible. Et moi, je fais partie de ces gens qui pourraient se mettre des épisodes en boucle jusqu’à la fin de mes jours. Parce que Regular Show, c’est ça. Cette bêtise tranquille, ces punchlines improbables, et cette espèce de mélancolie douce qui traîne en fond, l’air de rien. Mordecai et Rigby, c’est pas juste deux glands dans un parc, c’est l’écho parfait de l’adolescence qui s’étire, de l’âge adulte qui fait semblant d’arriver.
Le film, lui, essaie de grossir le trait. On est dans un délire de voyage temporel, de méchant cosmique, de destin universel.
Bref, le passage obligé pour adapter une série en long métrage, on gonfle le truc, on rajoute des enjeux, et parfois, on y perd un peu de la simplicité qui faisait le charme de base. C’est moins drôle, c’est certain. L’humour y est plus sage, plus calibré. Peut-être trop. On sent qu’ils ont voulu faire un "vrai" film, avec un début, un milieu, une fin, une morale, un peu de drame, un peu d’émotion.
Ça marche pas toujours, mais il y a des moments... des petits instants sincères qui me touchent toujours autant.
La simple scène de rencontre entre nos deux amis quand il étaient bébés, avec le dialogue le plus simple du monde, arrive à me faire vibrer le coeur. C'est ridicule quelque part, je sais, mais il y a quelque chose d'honnête raconter avec ces personnages haut en couleur.
Comme lors de ma critique de la série, j'ai du mal à être objectif avec Regular show. Car comme je l'ai écris à l'époque, ça restera mon dessin animé préféré et je l'affirme encore aujourd'hui, je regarderai ces épisodes jusqu'à ma mort.
Ce que j’aime surtout, c’est qu’au milieu de tout ce bazar cosmique, le cœur reste intact. La bromance absurde, les regrets enfouis, la peur de grandir. C’est moins fou, moins libre, mais ça reste Regular Show, avec son énergie unique, son animation old school, et ses personnages qu’on aime malgré leur bêtise, ou justement grâce à elle.
Alors non, ce n’est pas le film du siècle. Ce n’est même pas le film qu’on attendait vraiment. Mais c’est un joli cadeau pour ceux qui ont été happés un jour par cette série aussi débile que tendre. Et rien que pour ça, j’y reviendrai sûrement. Pas pour l’action, pas pour les blagues, mais pour retrouver ce petit quelque chose de paresseux et d’attachant, comme une dernière balade dans le parc, avant de rentrer chez soi.