Reine mère ose un mélange audacieux entre comédie sociale, fantaisie identitaire et chronique familiale, porté par une réalité historique personnelle. Camélia Jordana incarne Amel, cette mère au tempérament flamboyant, avec une énergie contagieuse et une justesse qui accroche l’attention dès les premières scènes. Sofiane Zermani, en époux calme et aimant, permet une belle alchimie de couple, contrastant avec le foisonnement bouillonnant du film. L’intrusion fantaisiste de Charles Martel, apparu comme un ami imaginaire, aurait pu apporter une dimension poétique forte, mais ce parti pris déroutant finit par éparpiller le récit. On ressent clairement la sincérité de la mise en scène, mais l’équilibre tonal n’est pas toujours trouvé : certaines scènes tombent dans la dispersion. Le film reste touchant, et certains moments de grâce amènent un sourire ou une émotion vraie, mais l’ensemble manque d’un fil dramatique suffisamment solide.